Lutte anti-tabac au Burkina : Sous la houlette de l’ACONTA, des organisations font bloc derrière le ministère du commerce !

LEFASO.NET

Publié le vendredi 9 novembre 2018

Lutte anti-tabac au Burkina : Sous la houlette de l’ACONTA, des organisations font bloc derrière le ministère du commerce !

L’Afrique contre le Tabac (ACONTA), de concert avec le réseau des journalistes pour la lutte anti-tabac (REJAT-BF), la Ligue des consommateurs du Burkina (LCB) et l’association burkinabè d’aide au cancer tabagique (ABACT), a organisé une conférence de presse sur la situation de la lutte anti-tabac au Burkina. Cette sortie qui a eu lieu ce jeudi, 8 novembre 2018 à Ouagadougou, a permis à ces acteurs de lutte de réitérer leur détermination et de resserrer les rangs derrière les autorités, notamment le ministre du commerce, de l’industrie et de l’artisanat à faire respecter la réglementation nationale par l’industrie du tabac, au plus tard le 1er janvier 2019.

Depuis quelques temps, les organisations de la société civile intervenant dans la lutte contre le tabagisme mènent une offensive pour l’application de la loi antitabac au Burkina, votée en 2010. Cette disposition vise à « protéger la santé des générations présentes et futures » contre les dangers liés à la consommation du tabac. Ces dispositions requièrent entre autres d’apposer des images sanitaires graphiques sur les paquets de cigarettes et autres emballages des produits du tabac.

Malheureusement, constatent ces organisations, l’industrie du tabac ne veut pas se plier aux textes nationaux en la matière. « Face à cette situation, nous avons maintes fois interpellé le gouvernement sur cette violation grave de l’article 5.3 de la Convention cadre de l’organisation mondiale de la santé pour la lutte antitabac (CCLAT) », a situé le coordonnateur de l’ACONTA, principal intervenant à la conférence de presse.

Sous la houlette de l’ACONTA, plusieurs actions concertées et des plaidoyers ont été entrepris par diverses organisations de la société civile et des personnes-ressources.

JPEG - 71.6 ko
Le coordonnateur-de l’ACONTA, Salif Nikiéma, principal intervenant à conférence

Fort heureusement, félicite M. Nikiéma, grâce au plaidoyer et à l’implication de certains leaders communautaires, notamment des leaders coutumiers et religieux, le ministre du Commerce, de l’industrie et de l’artisanat, Harouna Kaboré, « lui-même, défenseur de la lutte anti-tabac » a fixé au 1er janvier 2019, l’échéance de rigueur à l’industrie du tabac et aux importateurs de tabac présents au Burkina, pour se conformer à l’arrêté relatif à l’apposition des avertissements sanitaires graphiques sur les paquets de cigarettes.
« Toute tentative visant à ne pas respecter ce délai ou retarder, une fois de plus, cette mesure sera inacceptable. Car, aucune raison ne pourrait justifier cela », avertit le premier responsable de l’ACONTA.

Pour cela, les conférenciers demandent également à toutes les personnes, impliquées dans ce processus, de ne pas « se laisser duper » par l’industrie du tabac qui chercherait à tout prix à retarder ce processus.

Les leaders de ces organisations ont aussi saisi l’occasion de cette sortie pour évoquer également la question du décret portant interdiction de fumer dans les lieux publics. Sur cette question, Salif Nikiéma a exposé les efforts déployés depuis des années dans ce sens à travers entre autres, des sorties avec les forces publiques dans les lieux publiques (maquis, boîtes de nuit, administrations publiques, etc.).

Saluant donc au passage l’engagement de la société civile, du ministère de la Santé, du Tribunal de grande instance de Ouagadougou et de la Police nationale (notamment le commissariat central de Ouagadougou) dans cette lutte pour la préservation de la santé des populations.

JPEG - 287.8 ko
Humain dévasté par les maladies liées au tabac

Mieux, cette année, l’ACONTA a fait parler d’elle dans cette noble initiative à travers précisément la dernière édition du Salon international de l’artisanat de Ouagadougou (SIAO), tenue du 26 octobre au 4 novembre 2018, durant laquelle, elle a mené des actions fortes, non seulement de sensibilisation, mais aussi de sanction.
« Cette première expérience a été très bien respectée. Plus de 100 fumeurs ont déposé leur tabac, de façon volontaire ou après amende infligée par la Police nationale. Lesdites amendes seront versées dans le budget de l’Etat », a expliqué Salif Nikiéma. Cette initiative, « SIAO sans tabac », a eu de réels impacts qui ont été félicités par les autorités et les festivaliers.

Engagée depuis une décennie dans cette lutte contre le tabagisme, l’ACONTA maintient le cap par son dynamisme sur le terrain. Parmi ses préoccupations de l’heure, la lutte contre ce phénomène de tabagisme dans les établissements scolaires du Burkina où de récents rapports de structures internationales ont révélé des « stratégies agressives » mises en place par l’industrie du tabac pour « recruter » de nouveaux consommateurs au sein des tout jeunes.

Lefaso.net

Messages

  • Ah ! J’aime bien les ministres patriotes et sans complexes capables de taper du poing sur la table pour protéger les intérêts du Burkina Faso comme Hadziratou Sori Coulibaly et Harouna Ouédraogo. Je vous exhorte à continuer dans votre lancée pour un Burkina meilleur. En ce qui concerne le non-respect des clauses anti-tabac, le ministre Harouna doit trouver les guignols corrompus qui se trouvent dans son ministère qui épaulaient l’industrie du tabac et les mettre hors d’état de nuire à notre peuple. Inch ! Allah !

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.