Syndicat national des agents des finances (SYNAFI) : Un congrès pour tracer les sillons d’une nouvelle direction

LEFASO.NET | Yvette Zongo

Publié le vendredi 9 novembre 2018

Syndicat national des agents des finances (SYNAFI) : Un congrès pour tracer les sillons d’une nouvelle direction

Les 9 et 10 novembre 2018, à Ouagadougou, se tient le premier congrès statutaire du Syndicat national des agents des finances (SYNAFI). Un congrès organisé pour renouveler les instances du syndicat, faire le bilan des activités du mandat et tracer les sillons d’une nouvelle direction. Ledit congrès est placé sous le thème « Travailleurs du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement, renforçons les capacités organisationnelles et idéologiques du SYNAFI en vue de construire un syndicat fort, doté d’organes dirigeants dynamiques et mieux structurés sur l’ensemble du territoire national pour faire face : aux défis qui se posent aux travailleurs et leurs structures de lutte dans un Burkina post-insurrectionnel, à la remise en cause de nos acquis démocratiques et sociaux, aux tentatives d’affaiblissement et/ou de liquidation du SYNAFI, etc. ».

La cérémonie d’ouverture du premier congrès statutaire du Syndicat national des agents des finances (SYNAFI), qui s’est tenue ce vendredi 9 novembre 2018 à Ouagadougou, a été marquée par deux discours très critiques prononcés par deux responsables syndicaux. Ainsi, selon le président de la Coordination des syndicats du ministère en charge de l’Economie et des Finances (CS-MEF), Grégoire Traoré, premier à prendre la parole, ce 1er congrès intervient dans un contexte marqué par l’approfondissement de la crise du système capitaliste-impérialiste avec ses répercussions néfastes dans la société au niveau mondial.

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Grégoire Traoré, président des syndicats du ministère en charge de l’économie et des finances

Et au niveau de l’Afrique, poursuit-il, les sources de conflits internes reposent sur la contradiction fondamentale entre, d’une part, des réalités sociales des masses et, d’autre part, les politiques mises en œuvre par des Etats soumis aux institutions financières internationales. Par ce jeu de complicité à la fois actif et passif de nos chefs d’Etat, explique-t-il, les régimes africains d’hier et d’aujourd’hui ne peuvent se réformer d’eux-mêmes et garantir des lendemains meilleurs à leurs populations.

Evoquant le cas du Burkina, il a indiqué que « les attaques terroristes ont fait plus de 200 victimes depuis 2016, une situation jamais égalée de son histoire depuis l’accession de Roch Marc Kaboré, ce qui montre que le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) est incapable de répondre à la situation et se réfugie dans les fora inutiles, de faux et creux concepts d’union sacrée et le caractère international du terrorisme ».

Et de préciser que dans un tel contexte, il cherche des boucs émissaires par tous les moyens comme la criminalisation des luttes syndicales. Mais qu’à cela ne tienne, seule la détermination de l’ensemble des travailleurs et l’organisation scientifique de la lutte permettront de vaincre les décisions machiavéliques du gouvernement sous les injonctions des institutions de Breton Woods.

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Mohamed Savadogo, SG du syndicat national des agents des finances

Mohamed Savadogo, le Secrétaire général (SG) du SYNAFI, a lui aussi planté le décor de son allocution en montrant que la situation nationale est caractérisée par une dégradation croissante de la vie sociale. Et à titre d’exemple, il a indiqué que l’augmentation du prix du carburant annoncée en conseil des ministres le jeudi 8 novembre, entraînera sans commune mesure un renchérissement des prix des produits de première nécessité, trahissant ainsi l’esprit de l’insurrection population des 30 et 31 octobre 2014.
A cela s’ajoute, entre autres, le prélèvement à la source des taxes de résidence sur « les pauvres travailleurs ». Cela, dit-il, n’est rien d’autre qu’un acharnement. Le mouvement syndical et tout le peuple sont fortement interpellés.

Bilan du mandat

Selon le SG du SYNAFI, même si le gouvernement s’est mis dans une posture de lutte contre les acquis des travailleurs, il faut dire que le syndicat arrive toujours à mobiliser ses camarades autour du but commun. Ce qui a donc permis d’engranger beaucoup d’acquis, parce que depuis 2011 à aujourd’hui, il y a eu un protocole d’accord qui a été plus ou moins appliqué, « et cela nous permet de dire que dans l’ensemble le bilan est positif ». Toutefois, les noms des nouveaux délégués du SYNAFI et les nouvelles voies de lutte sont attendus pour le samedi 10 novembre.

Yvette Zongo
Lefaso.net

Messages

  • De toutes façon on vous attend dans les rues. les pilleurs de la nation. Laissez les institutions de Breton Woods et remettez vous aussi en cause.
    Les pauvres Burkinabé qui doivent payé vos turpitude (250 milliards de perdu dans les grèves et qui doivent être rattrapé dans le carburant).
    Partager allègrement 55 milliards et venir indexer les institutions de Breton Woods. C’est trop facile.

  • On se dit syndicat revolutionnaire de lutte de Classe alors Qu’ on se partage une cagnote de 50 milliards entre coquins copains. Vous ne pouvez plus abuser du peuple. Des agents petits bourgeois compradores qui veulent jouer au revolutionnaire. Basta

  • En écoutant leur secrétaire général on croit être en face d’un parti politique du CFOP. Un syndicat c’est pour défendre les intérêts matériels et moraux des travailleurs rien d’autre. On sait que beaucoup d’entre vous ont été recrutés par le petit président

    • Valider, il mène un combat d’idéologie politique. Vous pouvez insulter le gouvernement, vilipender les ministres mais vous ne pouvez rien contre le FMI.

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