Institut des peuples noirs : Le ministre de la Culture milite pour sa réhabilitation

LEFASO.NET | Dimitri Ouédraogo

Publié le vendredi 9 novembre 2018

Institut des peuples noirs : Le ministre de la Culture milite pour sa réhabilitation

Le ministre de la Culture, des Arts et du Tourisme, Abdoul Karim Sango, a rencontré, ce vendredi 9 novembre 2018 au siège du FESPACO, les anciens de l’Institut des peuples noirs (IPN). L’objectif de ces échanges est de voir dans quelle mesure l’IPN peut être relancé. Un comité a été mis place pour réfléchir au projet.

L’hibernation de l’Institut des peuples noirs (IPN) pourrait bientôt prendre fin. Depuis quelques années, cet institut était tombé dans les oubliettes. Ce vendredi 9 novembre 2019, le ministre de la Culture a rencontré certains anciens de l’IPN pour voir dans quelle mesure l’institut pourrait être remis sur pied. Parmi les anciens, figure Dénis Nébie. Il y a effectué toute sa carrière de 1983 à 2016. Pour lui, l’IPN fut une grande ferveur, un grand moment dans l’histoire du Burkina, de l’Afrique. Il a rappelé que c’est le président Thomas Sankara qui y a cru. Il avait pris toutes les dispositions pour que l’institut prenne corps.

Monsieur Nebié a révélé que Thomas Sankara, en son temps, est allé même discuter avec Cheick Anta Diop du Sénégal sur la question. En 1986, il a organisé un symposium, la plus grande rencontre de personnalités. Le président à l’époque a demandé que la spécificité transparaisse.
Malheureusement, l’IPN tombera avec la Rectification. Pendant longtemps, c’est le PNUD qui soutenait l’institution. Mais plus tard, l’organisme des Nations unies a abandonné car il n’avait pas l’impression qu’il y avait de la volonté des autorités nationales.

Abdoulaye Diallo, un ancien de l’IPN, a expliqué que l’institution était pour lui et ses camarades un lieu de formation. C’était l’une des rares bibliothèques où on pouvait avoir des documents de Cheick Anta Diop, du professeur Joseph Ki-Zerbo. Martin Zongo du Carrefour africain de théâtre de Ouagadougou (CITO) a salué l’initiative du ministre.
Il suggère qu’on aille chercher tous ceux qui étaient engagés pour ramener la dignité de l’homme noir. Au cours des échanges, d’aucuns ont suggéré que l’IPN soit arrimé au Mémorial Thomas-Sankara, vu que c’était l’idée de l’ancien président.

Serge Bayala, un activiste, estime que chaque jour, l’homme noir est victime d’atrocités, d’un manque de considération. L’idée de l’IPN est de faire en sorte que l’homme noir soit respecté. Pour le ministre, les jeunes d’aujourd’hui sont confrontés à une crise identitaire.

C’est pourquoi il est nécessaire, voire impératif, de permettre aux jeunes de se retrouver dans un lieu comme l’IPN. C’est un projet qui est porté par le Burkina Faso mais qui a une vocation internationale. Pour ce qui est de son arrimage au Mémorial Thomas-Sankara, le ministre a suggéré de laisser les deux projets avancer de façon parallèle. Il a annoncé aussi la création d’un comité pour réfléchir à la question.

Dimitri OUEDRAOGO
Lefaso.net

Messages

  • Chapeau bas au ministre. Je propose que l’IPN ait un departement "Burkina Faso" qui traitera spécifiquement du cas de notre pays. Ce département par exemple mettra sous la lumière la lutte pour la dignité de l’homme voltaïque depuis nos ancêtres jusqu’à nos jours en passant par la dissolution de la Haute-Volta en 1932, la lutte pour sa reconstitution en 1947, les 2 insurrections, la révolution, le travail de nos géologues qui ont fait du Burkina "un pays pauvre au sous-sol pauvre" - selon le colonisateur - d’un pays minier en 2018 avec au moins 10 mines industrielles et placer les produits miniers en pôle position de nos exportations en devises, etc...
    Je me demande pourquoi encore nos programmes scolaires ne fait ils pas une belle place à ces pans de notre histoire. On rempli la tête de nos écoliers et élèves des choses d’ailleurs sans les mettre en confiance en insistant sur notre propre histoire. Même quand on parle de nos héros c’est de façon négative. Vous savez pourquoi les Américains sont les plus riches au monde ? On les enseignent ce qu’à été leurs ancêtres. Rarement dans leur programmes scolairse on parle des autres. Conclusion, ils pensent qu’à eux et de comment faire avancer leur société.
    Je pense que l’IPN pourrait financer la "chimie africaine" : faire pleuvoir en saison sèche, voyager sans emprunter un moyen de déplacement standard, lançer des missiles (koroti en langue dioula), protection anti-balles, etc...

    • Je suis parfaitement d’accord avec votre analyse. Pourquoi pas un Institut du Peuple Voltaïque (IPV) ? Le travail de Cheik Anta Diop n’a jusqu’à présent pas été exploité à hauteur voulue. L’IPV nous conduira au nom Burkina. Voltaïque est presque devenu dans la pensée Burkinabé une réalité révolue, ridicule, rudimentaire, voire même honteux. Toute révolution salvatrice doit d’abord être NATIONALE, nom d’un Duc. Le ministre de la culture est se dit sankariste. Il ne faut pas croire que Sankara est est une histoire mais le produit d’une histoire : l’histoire du peuple voltaïque.

  • Je vous invite à retrouver le discours de Thomas Sankara à la cérémonie d’ouverture du Symposium international sur l’Institut des Peuples Noirs de 1986.
    Il faut espérer que cela fut gardé, car de mémoire, il me semble que c’est le seul discours que Thomas Sankara a lu intégralement sans improviser.

  • J’ai rêvé que l’IPN redonnerait à nos sociétés et cultures des valeurs qu’on leur a volées parfois par ignorance comme donner les noms SOMBIE, BADO à une fille, considérer les matronymes SOME, KPODA et autres pour des familles ou des clans.
    Mais ce fut la déception, est-ce parce que le père de l’IPN a été trucidé ?

  • Nous étions jeunes étudiants quand le Projet de l’IPN a été lancé par le Président SANKARA et on n’appréhendait pas tous les contours des idées du Président du CNR ! Aujourd’hui, après avoir croisé autant de monde dans la vie professionnelle à travers les continents, on se rend bien compte que le salut des Africains passe aussi par le respect que ’l’on doit arraché des autres par notre travail et par la réhabilitation de notre passé. Nicolas SARKOZY aurait-il eu 21 ans après le lancement de l’IPN, le courage d’affirmer à Dakar que l’Homme Noir n’est pas assez rentré dans l’Histoire si l’IPN était bien fonctionnel et avait produit quelque chose qui aurait conforté l’existant sur l’Histoire de l’Afrique ? Aurait-il eu ce courage, Nicolas Sarkozy, de proférer ses mensonges si en face il y avait ces éminents acteurs de l’IPN et un certain Thomas SANKARA vivant ? Non ! Je crois que Nicolas Sarkozy le fils de l’émigré hongrois aurait tourné sa langue un milliard de fois avant de sortir cette idiotie de sa bouche ! Le développement commence par la confiance en soi et par la préservation de sa dignité d’homme ! L’IPN avait aussi pour vocation d’aider les africains et leurs amis à faire reconnaitre l’Homme Noir et sa contribution à la vie de l’Humanité ! Bon courage Mr le Ministre ! Nous espérons que cette fois, l’IPN résistera face aux assauts des ennemis intérieurs et extérieurs ! Faites bien votre travail et l’histoire retiendra qu’il y a eu des gens qui ont voulu du bien de l’Homme Noir et partant de l’HUMANITE toute entière !

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