Réconciliation et unité nationale : Le Burkina s’inspire de l’expérience togolaise

LEFASO.NET | Tambi Serge Pacôme Zongo

Publié le jeudi 8 novembre 2018

Réconciliation et unité nationale : Le Burkina s’inspire de l’expérience togolaise

Une session de partage d’expériences, initiée par le Haut-conseil pour la réconciliation et l’unité nationale (HCRUN), s’est ouverte ce jeudi 8 novembre 2018 à Ouagadougou. Elle comptait parmi ses invités, monseigneur Nicodème Barrigah, évêque d’Atakpamé, et ancien président de la Commission vérité, justice et réconciliation du Togo.

Inscrite dans son plan de travail dans le cadre du projet financé par le Fonds de consolidation de la paix des Nations unies, avec l’accompagnement du PNUD et du Haut-commissariat aux droits de l’homme (HCDH), la session de partage d’expériences avec la Commission vérité, justice et réconciliation du Togo, avait pour objectif principal de capitaliser l’expérience togolaise en se fondant sur les missions déjà effectuées au Rwanda et en Tunisie.

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Léandre Bassolé, président du HCRUN

En effet, pour Léandre Bassolé, président du HCRUN, il n’est pas question de transposer les mêmes recettes, mais plutôt de bâtir une stratégie inspirée du vécu des autres pays et qui répond aux réalités historiques du Burkina Faso.

Aussi s’est-il voulu rassurant, en ce qui concerne les réparations dues aux victimes. « Les réparations dues aux victimes sont au cœur de notre action et de notre mandat ; nous avons décidé de faire de la communication permanente notre crédo, afin que notre cheminement soit plus visible de tous et que nos contraintes soient partagées avec l’ensemble des acteurs qui interviennent sur ce dossier de la réconciliation… », a indiqué le premier responsable du HCRUN.

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Monseigneur Nicodème Barrigah, Evêque d’Atakpamé, et ancien président de la commission vérité, justice et réconciliation du Togo.

Monseigneur Nicodème Barrigah, évêque d’Atakpamé, invité à partager son expérience lors de la conduite des travaux de la Commission vérité, justice et réconciliation du Togo (de 2009 à 2012) dont il était le président, a d’emblée défini la notion de justice transitionnelle. « Il s’agit d’une justice qu’on essaie de mettre en place dans une société qui sort d’une crise. La justice transitionnelle peut se définir comme la justice à laquelle on recourt en temps de transition », a expliqué le diplomate de carrière.

Si la commission togolaise, au terme de son mandat, a pu remettre au gouvernement du Togo des recommandations qui, aujourd’hui, sont en phase de mise en œuvre, elle a cependant des faiblesses. C’est ce que fait remarquer Mgr Barrigah, qui dit être venu aider le HCRUN à assurer sa mission. « L’expérience du Togo a ses atouts et ses faiblesses… Je suis au Burkina Faso pour partager l’expérience vécue avec la commission du Togo, notamment faire connaître notre plan stratégique et les différentes étapes opérationnelles », a-t-il déclaré.

Tambi Serge Pacôme Zongo
Lefaso.net

Messages

  • C’est ce qu’on appelle mettre les charrues avant les beaufs. Pour parler de réconciliation, il faut d’abord juger d’abord. D’ailleurs je ne comprend pas pourquoi, on parle de réconciliation à longueur de journée plus que la justice. C’est l’effet contraire qui semble être normal. Il faut parler de justice à longueur de journée avant de songer à la réconciliation.

  • L’exemple togolais ? Kouassi Blaise doit jubiler de l’autre côté de la lagune Ebrié. Il est absent mais son élève Yassimbé est toujours là.
    Le monde désormais à l’envers. C’est comme confier la direction des droits de l’homme à l’ONU au Rwanda de Kagamé.
    Le monde s’effondre (Things fall aparts) - Chinua Acheebe.

  • il est clair que c’est une bonne initiative que de chercher de s’inspirer de l’exemple des autres. Mais desolé de dire que ce qui se passe au togo n’est certainement pas un exemple a suivre. Nous avons eu notre exemple avec Mgr Sanou : qu’en avons nous fait ?

    Le togo est le 1er pire ennemi du burkina dans cette sous region. Nous ne pouvons certainement pas nous inspirer de notre ennemi. Faut-il croire a une Nieme tactique pour nous detruire de l’interieur de nos institutions ?

    Faut-il croire que parce que les intimidations n’ont pas marché jusque là il faut eviter que le proces du putsch manque de diendrere ne se tienne pas ou plus exactement devienne vide d’application des peines pour une affaire de reconciliation nationale ? Oui je le crois fermement. Alors Non ! le togo n’est certainement pas quelqu’un qui puisse intervenir dans notre reconciliation nationale. Le burkina possede bien de mechanismes pour s’autosuffire dans ce domaine.
    attention mes compatriotes la guerre qu’on mene contre nous est tres subtile et multiforme.
    SOME

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