Gardes de sécurité pénitentiaire : Le syndicat s’insurge contre le silence du gouvernement

LEFASO.NET | Issoufou Ouédraogo (stagiaire)

Publié le vendredi 19 octobre 2018

Gardes de sécurité pénitentiaire : Le syndicat s’insurge contre le silence du gouvernement

Le Syndicat national des gardes de sécurité pénitentiaire (SYNAGSP) est monté au créneau, ce jeudi 18 octobre 2018, à travers un point de presse tenu au Tribunal administratif de Ouagadougou, pour dénoncer le silence et l’inaction du gouvernement face à ses revendications. Cette rencontre a permis au syndicat de revenir sur ses préoccupations, l’immixtion de l’exécutif dans les affaires internes du syndicat et la non-application des décisions prises depuis 2017.

Après les soubresauts du dernier congrès ordinaire, le 13 octobre 2018, suite au refus des premiers responsables de laisser les journalistes participer à la rencontre du syndicat à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO), le Syndicat national des gardes de sécurité pénitentiaire (SYNAGSP) revient à la charge, ce jeudi 18 octobre 2018, pour expliquer et dénoncer les menaces et l’ingérence du gouvernement, à travers le comportement du ministre de la Justice.

Le syndicat dénonce l’inaction du gouvernement face à ses quatre préoccupations que sont la non-application des décrets et arrêtés signés, les avancements, les nominations, le manque criard de moyens roulants et autres matériels de travail.

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SG DU SYNAGSP

Le SYNAGSP estime que certains directeurs menacent ses membres. C’est le cas par exemple du « comportement déplacé » du directeur de la Maison d’arrêt de Ouahigouya, que l’administration refuse de reconnaître, à en croire les responsables du syndicat. Le secrétaire général du SYNAGSP, Abdou-Dramane Thiombiano, dit « qu’au lieu de limoger ce monsieur, le gouvernement ne fait rien ; pis, l’intéressé affirme qu’il a le soutien du ministre de la Justice, chose que le syndicat condamne avec force ».

En plus des menaces et des affectations des membres dévoués du syndicat, le ministre de la Justice continue d’apporter son soutien aux cinq membres du bureau déchu, en les associant à certaines prises de décisions. Chose que le secrétaire général du SYNAGSP dénonce. Il affirme que « lorsqu’ils vont inviter les cinq de l’ancien bureau dans des prises de décisions (…) nous, nous n’allons pas les reconnaître ».

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Participants

Concernant le matériel de travail, le syndicat indique que les GSP sont sous-équipés, au regard des missions qui leur sont assignées. M. Thiombiano fait remarquer que la promotion de cette année est sortie en silence ; la promotion n’a pas eu de tenue de sortie et les éléments ont été affectés sur le terrain sans même prêter serment. Toutes ces raisons amènent le syndicat à interpeler l’Etat sur ses responsabilités.

Les membres du SYNAGSP soulignent que malgré leur patience, le premier responsable du ministère semble vouloir contribuer à faire taire le syndicat. Le SYNAGSP dit être toujours ouvert au dialogue et compte poursuivre la lutte dans le strict respect des règles. Il espère que le pouvoir saura rebondir pour permettre aux GSP d’accomplir leur mission avec fierté et dévouement, pour la bonne marche de l’institution.

Issoufou Ouédraogo (stagiaire)
Lefaso.net

Messages

  • Que veulent aussi ces gens-là ? Comme quoi, "en trop félicitant trop un enfant qu’il cultive, il finit par couper les orteilles de son père". Il y a quelques temps, ce Corps n’osait pas revendiquer. Mais à présent, au bénéfice du laxisme du Pouvoir, tout le monde s’autorise à réclamer, pis, à revendiquer et menacer. Que comptent-ils faire ? Laisser fuir les détenus ? Qu’ils y aillent. On verra.

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