Santé : L’aflatoxine, source de cancer du foie

LEFASO.NET | Dimitri Ouédraogo

Publié le dimanche 16 septembre 2018

Santé : L’aflatoxine, source de cancer du foie

L’aflatoxine est un poison produit par les champignons. On le trouve dans le sol. Cette maladie affecte les cultures dans les champs. Elle entraîne des pertes de récoltes et des pertes en vies humaines et animales en cas de consommation des grains affectés. La maladie est présente en Afrique. C’est le Kenya qui a payé le plus lourd tribut en termes de décès sur le continent. Le Burkina Faso n’est pas en reste. Selon des études déjà menées, la maladie touche nos récoltes. Focus sur ce fléau.

Les aflatoxines sont présentes dans les aliments consommés. Elles se retrouvent dans toute la chaîne alimentaire. C’est-à-dire de la production dans les champs jusqu’à la consommation. Les champignons en question se trouvent dans la terre. Ainsi, la maladie compromet la sécurité alimentaire, la santé et le commerce dans de nombreux pays en développement.

La contamination des cultures tournent autour de 25%.

Les productions agricoles les plus touchées au Burkina et en Afrique sont le maïs et l’arachide. Du fait des températures élevées et une forte humidité, les moisissures, qui se développent normalement sur les végétaux morts ou en décomposition, envahissent les cultures alimentaires. Aussi, le stress dû à la sécheresse, les dommages causés par les insectes ou les mauvaises conditions de stockage peuvent contribuer à l’apparition plus fréquente de ces moisissures. La contamination se fait donc pendant les récoltes et les stockages.

Les effets de ces moisissures sur la santé et la richesse en Afrique sont considérables. Elles provoquent environ 5 à 30% des cancers du foie dans le monde. Elles inhibent le système immunitaire et retarde la croissance chez l’enfant. La maladie réduit également la productivité des animaux chez les éleveurs. Pour la volaille, elle réduit la ponte des œufs et leur poids. Au niveau des animaux, elle joue sur la production laitière.

La maladie affecte par ricochet les économies africaines. En ce qui concerne le Burkina Faso, il y a l’arrêt des exportations de la pâte d’arachide vers les États-Unis. Plus de 2 000 tonnes de maïs ont aussi déjà été rejetées par le Programme alimentaire mondial. Tout cela à cause du taux élevé d’aflatoxine. Pour cette raison également, la Brasserie du Burkina (Brakina) est souvent obligée de s’approvisionner ailleurs. Des pays comme le Sénégal et la Gambie sont dans la même situation.

Pour lutter contre la contamination, il est conseillé de bien appliquer l’itinéraire technique des productions. Il faut aussi utiliser les variétés de cultures recommandées. L’autre aspect, et pas des moindres, c’est de récolter à temps. Après, il faut procéder au séchage rapide. Il ne faut pas non plus oublier de trier les grains et les épis endommagés à la récolte. Il faut aussi stocker les récoltes dans des sacs propres, avoir une bonne aération dans les magasins.


Dimitri OUEDRAOGO
Lefaso.net
Source : OMS ; IITA.

Messages

  • Encore une invention pour briser les ailes et les pieds de nos économies africaines : nous empêcher d’exporter nos produits et nous obliger à en importer. Chers compatriotes, produisons burkinabè et consommons burkinabè.

  • Rakis, ce n’est pas une invention contre l’Afrique ; c’est une réalité. Dans les années 90, je ne me souviens plus de l’année précise, un éminent professeur d’unversité Burkinabè avait obtenu une distinction internationale en remportant le premier prix de ses travaux de recherche sur le sujet dans la culture arachidière. Il s’agit, si je ne m’abuse, du professeur Phillipe SANKARA. Si ce n’est pas lui ou si sa distinction ne portait pas sur le même sujet, que l’intêressé me pardonne de ma confusion. Une chose est certaine, un Burkinabè a bel et bien été distingué pour ses travaux de recherche sur ce sujet et sur la même période.

    • sandokan,
      Vous savez, certaines personnes voient le complot partout. C’est leur seule manière de raisonner.
      L’aflatoxine affecte beaucoup de céréales et peut (je dis bien peut) provoquer le cancer.
      Autre chose, regardez un peu ce qui est vendu dans nos marchés et yaars : la quasi-totalité est impropre à la consommation directe. ll faut d’abord prendre beaucoup de temps pour rendre les céréales et autres produits propres et consommables. Des graines pourries et impropres à la consommation en passant par les déchets (cailloux, sables, feuilles diverses...), tout s’y trouve car les commerçants pensent ainsi augmenter leurs bénéfices.
      Je suis très content de savoir que certaines personnes et structures font d’énormes efforts pour nous vendre des produits propres à la consommation. Exs : le fonio précuit, bien nettoyé, vendu dans des emballages plastiques allant jusqu’à 5 kilos, le riz local de plus en plus proprement emballé dans des sacs de 5, 10, 25 ou 50 kg (même si certains producteurs doivent redoubler d’efforts en ce sens), etc.
      Les Burkinabè qui interviennent dans la chaine agro-alimentaire (depuis la production jusqu’à la vente) peuvent gagner des revenus encore plus confortables à l’exportation vers les marchés des pays développés à condition que leurs produits respectent des conditions strictes de santé et phytosanitaires (seuils à ne pas depasser pour la teneur en certaines substances). Ce qui n’est pas toujours le cas et nous fait perdre malheureusement beaucoup d’argent.

      S’il y a bien quelque chose qui m’écoeure beaucoup c’est ces paroles idiotes "ça ne tue pas l’Africain".
      Beaucoup de mes compatriotes pensent qu’il suffit que les biens agricoles soient produits au Burkina Faso pour être consommables. Pourtant sur les marchés, des céréales datant de plusieurs années et en état de décomposition sont en vente libre. C’est à croire qu’il n’y a jamais de péremption en la matière.
      Pour finir, lorsque vous achetez des biens agricoles (maïs, mil, arachide, pois de terre...), prenez le soin de trier et jeter ceux qui sont abimés, en décomposition, et tachés avant de consommer le reste. Il faut aussi bien sécher les céréales et éviter de les entreposer dans un endroit humide et éviter tout contact avec l’eau. Sortez vos sacs de riz, de maïs ou de mil de temps en temps pour les exposer au soleil pendant plusieurs heures.

  • Soyez un peu plus clair.Est cela veut dire qu’il faut faire attention aux maïs et arachides frais que le burkinabé aime tant(grillé,bouillis).

  • Merci pour cet article d’intérêt. Le sujet traité est d’une grande importance dans la sécurité sanitaire de l’alimentation au Burkina Faso. Les données scientifiques à notre possession commandent que l’Etat s’approprie très vite la thématique pour des actions très urgentes.
    Oui la contamination aux aflatoxines sur le maïs et l’arachide (je travaille sur ces 2 cultures pour l’instant au regard de leur importance dans l’alimentation et l’économie du pays) est une réalité. L’impact sur la santé et l’économie du pays est très dommageable. Je suis impliqué dans un programme de recherche de solutions biologiques pour lutter contre la contamination aux aflatoxines du maïs et l’arachide. Vivement que l’Etat supporte le projet pour une très grande vulgarisation des innovations biologiques. Je suis disposé à collaborer avec le journaliste pour l’animation d’une tribune sur la thématique.

  • En relisant le premier intervenant Rakis, je me suis dit que les chercheurs communiquent si mal que des internautes, qui ne sont pas les derniers dans les efforts de lecture, n’aient pas encore entendu parler de l’aflatoxine. Pourtant, il s’agit de toxines produites par des champignons et qui sont connues depuis les années 60-70. A cause de l’aflatoxine, le développement du Sénégal par l’arachide a failli. Les Européens et les Américains ayant, entre temps, préféré d’autres huiles en lieu et place de l’huile d’arachide considérée alors meilleure au goût et en éléments nutritifs.
    Une occasion pour inviter les collègues du CNRST (de l’INERA et de l’IRSAT) à faire plus de publications de vulgarisation afin de contribuer à informer, former et sensibiliser tous les acteurs de la chaîne alimentaire sur les différentes spéculations, les problèmes et les solutions à ces problèmes.

  • Rakis, ce n’est pas une invention, moi j’ai la cinquantaine, et quand j’était encore enfant, mon père nous mettait en garde de ne pas consommer les arachides hors saison à cause de ce problème. Et il nous informait que chez les bissas le taux de cancer de foie est élevé à cause des arachides qu’ils consomment toute l’année.

  • Merci enormement pour cette sensibilisation, LeFaso.Net. Où est-ce qu’on va rentrer ? A droite la pauvrété, a gauche les terrorristes, en face l’insecurité routière et alimentaire, derrière les destabilisateurs de regimes. A ba !

  • merci pour l’information utile. Nous avons l’habitude de ne pas prendre soins de nos céréales et cela doit changer si nous voulons la santé.

  • Qui peut repondre a cette question ? J’ ai achete du poisson silure deux kilos pour le mois car j’ ai cesse d’ acheter la viande. C’est trop cher et les animaux sont le plus souvent malades. mais je me rends compte que le poisson est plein plein de champignon a l’ interieur. Dites moi oh, l’ aflatoxine , la, c’est meme dans la viande ou c’est seulement dans les recoltes ? Je ne veux pas jeter mon poisson. Le mois militaire est loin de mourir. Et je veux pas mourir aussi de cancer. Je fais comment ? Merci de m’ aider.

  • Le sujet est d’une telle importance que si quelqu’un a le contact de Professeur Phillipe SANKARA qu’il l’interpelle pour une conférence publique ou une interview sur le sujet. Mais pour répondre à l’internaute qui s’inquiète pour son poisson, qu’il sache que les champignons se développent partout ou il y a de la pourriture ou toute autre condition propice à leur développement. Le poisson dont il parle, s’il est conservé dans certaines conditions, peut être susceptible d’abriter des champignons et pourquoi pas l’aflatoxine. Seuls des spécialistes peuvent l’éclairer sur le sujet et Dieu seul sait si le Burkina en regorge. Il suffit que les journalistes approchent les Universités ou l’INERA pour dénicher de telles personnes de ressources. Sur cette tribune, il y en a un qui s’est déjà présenté comme travaillant sur le sujet depuis des années, en l’occurrence citoyen. Il peut nous éclairer.

  • Très bien mais le sujet est d’autant plus important qu’il faille plutôt montrer par des images les signes indicatifs des graines infectées ou impropres à la consommation. C’est déjà bien cet effort de communiquer la-dessus.

  • bienvenue kientega president ong k.christain qui travaille programme national lutte contre cancer cote ivoire

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