Éducation : 95 instituteurs sous les projecteurs de l’Assemblée nationale

LEFASO.NET | Herman Frédéric Bassolé

Publié le dimanche 16 septembre 2018

Éducation : 95 instituteurs sous les projecteurs de l’Assemblée nationale

L’Assemblée nationale a décerné la mention « honorable » à 95 enseignants ayant réalisé un taux de réussite de 100% à l’examen du Certificat d’études primaires (CEP), avec un effectif d’au moins 50 élèves en classe. C’était à l’occasion de la première édition de la Journée de reconnaissance du député à l’enseignant (JOURDEN) organisée le samedi 15 septembre 2018 à Ouagadougou, en présence du patron du Parlement burkinabè, Alassane Bala Sakandé.

De l’ombre à la lumière, il n’y a qu’un pas. Un pas au rythme du travail, de la persévérance et de la patience. Longtemps considéré comme une boussole, l’enseignant a pourtant toujours vécu loin des feux de la rampe. À l’image de Katherine, Mary et Dorothy, ces figures de l’ombre afro-américaines qui ont travaillé à la NASA. Pour l’Assemblée nationale, il était temps de rendre à l’enseignant ce qui lui revenait de droit : la reconnaissance, considérée comme la mémoire du cœur.

Ainsi a-t-elle organisé la Journée de reconnaissance du député à l’enseignant (JOURDEN), au profit des instituteurs qui ont réalisé un sans-faute à l’examen du CEP avec au moins un effectif de 50 élèves.

Une moto et 500 000 F CFA pour les deux étoiles

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Boureima Coulibaly recevant son prix des mains du président de l’Assemblée nationale

Des 95 enseignants récipiendaires du jour, deux sortent du lot : Boureima Coulibaly de l’école Alpha Solidarité de Bobo-Dioulasso et Mariam Roamba de l’école La Salle Badenya. L’un a réalisé la prouesse avec 120 élèves et l’autre avec 99. Pour ces deux enseignants, le 100% est une tradition depuis plusieurs années, et ils le doivent au travail bien organisé. En plus de recevoir un ordinateur portable, une enveloppe de 100 000 F CFA, à l’instar des autres récipiendaires, Boureima Coulibaly et Mariam Roamba sont repartis chacun avec une nouvelle moto. Satisfaits des résultats produits par les deux instituteurs, le président de l’Assemblée nationale, Alassane Bala Sakandé, a offert à chacun une enveloppe de 500 000 F CFA supplémentaire.

Pour une institutionnalisation de l’événement

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L’institutrice Roamba Mariam recevant un ordinateur

« Ce que nous sommes tous aujourd’hui, nous le devons à l’enseignant. Et moi, je le dois doublement. Mon père était un enseignant, un brave instituteur de brousse, comme on le dit souvent. Et je suis fier de le dire : je suis le fils d’un enseignant », a déclaré le patron du Parlement burkinabè, avant d’ajouter : « Vous êtes le sel de la patrie, le levain de la nation et la lumière qui jaillit ». Il a enfin rassuré les enseignants que la JOURDEN, loin d’être une manifestation conjoncturelle, sera institutionnalisée « afin de susciter et perpétuer la saine émulation au sein du corps ».

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Pr Stanislas Ouaro, ministre de l’éducation nationale et de l’alphabétisation

Tout en saluant cet engagement du Parlement à soutenir l’éducation, le ministre de l’Éducation nationale et de l’Alphabétisation, Pr Stanislas Ouaro, a rappelé aux enseignants que le dynamisme dont ils ont fait montre doit être maintenu et partagé et qu’ils doivent incarner les valeurs et principes auxquels tiennent les communautés. « L’exemple que donne l’enseignant compte autant que l’instruction qu’il dispense… Aujourd’hui vous êtes des modèles et nous en sommes fiers. Il y a eu des succès mais aussi des difficultés de parcours, mais ce qui compte le plus, c’est l’éclat des fines fleurs de nos actions », a déclaré le Pr Ouaro.

En rappel, pour les prochaines éditions, les organisateurs de la JOURDEN ont laissé entendre que l’événement pourrait s’étendre aux acteurs de l’éducation des niveaux secondaire et supérieur.

Herman Frédéric Bassolé
Lefaso.net

Messages

  • Très bien mais c’est pas encore arrivé. Cette reconnaissance peut galvaniser mais il faut savoir instaurer une émulation saine. On peut également faire mieux. Je m’explique.
    Les performances réalisées par ces braves instituteurs sont souvent le fruit du labeur d’une équipe. Donc il faut récompenser l’enseignant, son école et l’APE s’il est prouvé que tout ce monde a contribué au succès. Il faut envoyer ces enseignants directement en formation à l’ENS/UK pour le cycle des instituteurs principaux : ils le méritent. Ils peuvent bénéficier de leur employeur (Etat ou privé) des gratifications diverses : bonifications d’échelon, primes de rendement, accès à des formations spécialisées, etc. Ces récompenses doivent être formalisées. Faire en sorte que l’enseignant ou l’équipe enseignante qui fait de bons pourcentages au CEP sans avoir expulsé un grand nombre d’enfants au cours du sous-cycle primaire, voit ses efforts reconnus par la nation : devenir IP sans prendre part à un concours, avoir un certificat de reconnaissance, être cité (e) en conseil des Ministres, bénéficier de logement gratuit, etc.
    Voilà quelque chose sur lequel devrait se pencher le MENA pour hausser le niveau de l’enseignement primaire et amener les jeunes instituteurs à s’intéresser à l’éducation.
    Vive les enseignants méritants, vive les écoles modèles, vive les parents d’élèves exemplaires. Vive l’éducation pour que le Burkina Faso ait des cadres compétents et consciencieux.
    L’artiste du nord

    • Intéressante contribution que les autorités doivent parcourir et en tirer le maximum d’idées. Les enseignants méritent vraiment la reconnaissance de la nation, pas seulement pour leurs performances mais aussi pour les dures conditions dans lesquelles ils vivent et travaillent, du moins pour ceux qui sont en zone rurale.

  • Félicitations ! ça commence à venir ! Bonne initiative ! En tout cas, vous le méritez.

  • Cette initiative est à saluer. Bravo à la personne qui a eu cette idée. On a avait assez avec ces prix Galian des journalistes qui occupaient trop de place chaque année pourtant ayant peu de portée. Récompenser les enseignants, surtout les meilleurs, galvanisera le monde éducatif au Burkina et ce sera tant mieux pour notre éducation.

    Par je ne suis pas un Yes Man !!!

  • Très bonne initiative à saluer et encourager. A l’instar de mes collègues interdites, il faut revoir les critères pour plus d’équité. Je connais une enseignante qui a eu 93 admis sur 95 élèves au CEP cette année dont 75 admis pour l’entrée en 6ème. Pour n’avoir pas fait 100 %, elle n’a pas eu cet honneur. S’il en est ainsi, certains enseignants vont simplement redoubler ou exclure les élèves les plus faibles pour viser les 100%. On aura fait des victimes de l’excellence, peut être me me hypothéqué leur avenir. Il faut prendre en compte plus d’éléments dans les critères pour être plus équitable.

  • Je ne suis pas du corps mais je pense que les enseignants méritent plus d’honneur car quel qu’en soit ce que chacun fait dans sa vie, nous devons reconnaitre l’enseignant pour ces efforts consentis. Vive l’enseignant !!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • Toutes mes félicitations aux lauréats et au président de l’assemblée. Belle initiative. Courage

  • Bravo, bravo et encore bravo à nos députés pour cette excellente initiative !
    Les instituteurs !!!! Malheureusement non récompensés à la hauteur de ce que leur doit toute nation. Ce que chaque intellectuel, chaque élite est aujourd’hui, il le doit à un instituteur qui a guidé ses premiers pas comme une maman.

    Merci à tous les instituteurs (mais pas ceux qui engrossent leurs élèves)

  • Bravo à l’AN ! Mais les conditions doivent être revues pour plus de justice. Les écoles qui font des sélections pour obtenir ces résultats doivent être exclues pour éviter les tricheries.

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