Réfugiés maliens au Burkina : Des experts se penchent sur la mise en œuvre de l’accord tripartite de 2015

LEFASO.NET | Marcus Kouaman

Publié le vendredi 14 septembre 2018

Réfugiés maliens au Burkina : Des experts se penchent sur la mise en œuvre de l’accord tripartite de 2015

Ouagadougou a abrité la 8e session de la Commission tripartite Burkina Faso – Mali – UNHCR (Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés). Au cours de cette rencontre, les experts ont fait le point de la mise en œuvre des accords tripartites du 9 janvier 2015 sur le rapatriement des réfugiés maliens vivant au Burkina Faso. La cérémonie a été présidée par l’ambassadeur Seydou Sinka, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, ce vendredi 14 septembre 2018.

La crise malienne de 2012 a contraint certains citoyens à se réfugier dans les pays voisins comme le Niger, la Mauritanie et le Burkina Faso. Pour faciliter leur rapatriement, un accord tripartite a été scellé le 9 janvier 2015 à Ouagadougou, entre le Burkina Faso, le Mali et le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR).

Depuis cet accord, plusieurs rencontres ont été organisées au Mali et au Burkina Faso, pour faire le point de la mise en œuvre des engagements pris par les trois parties.

Selon la représentante du HCR au Burkina, Ioli Kimaci, son institution reste persuadée que le rapatriement librement consenti, lorsqu’il est réalisable, est un droit qui demeure la meilleure solution durable au problème des réfugiés. Cela en toute conformité avec la Déclaration universelle des droits de l’Homme et des peuples et le Pacte international sur les droits civils et politiques. « Notre engagement, ainsi que celui de tous les partenaires humanitaires, demeure le même, y compris pour les nouveaux arrivés », a-t-elle souligné.

28 894 réfugiés maliens au Burkina

En effet, en plus des 24 394 maliens réfugiés enregistrés par le HCR et qui sont majoritairement dans la région du Sahel, un dernier recensement a enregistré 4 500 maliens qui vivent dans les régions du Nord et de la Boucle du Mouhoun. Ce qui fait un total de 28 894 réfugiés maliens vivant au pays des Hommes intègres. Depuis le début de l’année, 190 réfugiés ont été volontairement assistés pour le rapatriement. Madame Kimaci n’a pas manqué de remercier les gouvernements du Mali et du Burkina Faso, pour les efforts consentis. Particulièrement au pays des Hommes intègres pour son respect des engagements en faveur des réfugiés et demandeurs d’asile, malgré le contexte sécuritaire.

Pour le chef de la délégation malienne, Salifou Maïga, l’accord tripartite connaît des progrès certains dans sa mise en œuvre, près de quatre ans après sa signature. « Les progrès accomplis ces derniers mois dans le cadre de sa mise en œuvre laissent espérer des lendemains meilleurs », a-t-il indiqué. Continuer la protection et l’assistance des réfugiés maliens selon les normes internationales, poursuivre le mécanisme de facilitation du rapatriement volontaire des réfugiés maliens, sont des recommandations qui servent de fondement et de guide dans la conduite des travaux.

139 016 réfugiés maliens

Ces recommandations sont issues de la réunion de haut niveau organisée par le gouvernement nigérien en février 2018 et qui a connu la participation du Mali, de la Mauritanie, du Burkina et des représentants du HCR. Malgré le difficile contexte sécuritaire, le gouvernement malien fait des efforts pour faciliter le retour des exilés. Selon monsieur Maïga, à la date du 30 août 2018, 67 420 personnes ont été rapatriées sur un total de 139 016 réfugiés maliens dans les pays d’asile comme le Niger (57 952), la Mauritanie (56 672) et le Burkina (24 392).

Au nom du gouvernement burkinabè, l’ambassadeur Seydou Sinka, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, a souhaité la bienvenue à la délégation malienne et à celle du HCR à cette 8e session statutaire de la Commission tripartite. Pour lui, le Burkina étant signataire des différentes conventions qui régissent la question des réfugiés, il est tout à fait normal que le pays serve de terre d’accueil.
« C’est ainsi que, fort de ces engagements internationaux et en vertu de son hospitalité légendaire, notre pays accueille régulièrement des demandeurs d’asile d’origines diverses dont des Maliens », a-t-il confié. Mais la tâche n’est pas pour autant simple, à cause du contexte sécuritaire de ces dernières années.

Cela fait sept ans que le Burkina accueille sur son sol les frères et sœurs maliens. En raison de cette durée, l’ambassadeur Sinka propose aux experts de réfléchir aux stratégies à mettre en œuvre pour assurer leur autonomie, pour qu’ils puissent se prendre en charge avant leur retour au bercail. Tout en formulant le vœu que les actions entreprises par le gouvernement malien pour la réconciliation et la consolidation de la paix portent des fruits, il a rassuré que le Burkina respectera ses engagements internationaux, principalement pour ce qui est de la protection des réfugiés.

Au début de cette cérémonie, une minute de silence a été observée en mémoire de Koffi Anan, ancien secrétaire général des Nations unies, dont les obsèques ont eu lieu à Accra le jeudi 13 septembre 2018.

Marcus Kouaman
(kmagju@gmail.com)
Lefaso.net

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