[Tribune] Démographie : Le Burkina Faso a plus de 20 millions d’habitants, mais demeure sous-peuplé

Par Ilyes Zouari

Publié le mercredi 12 septembre 2018

[Tribune] Démographie : Le Burkina Faso a plus de 20 millions d’habitants, mais demeure sous-peuplé

Selon le dernier rapport sur la population mondiale publié au mois d’août par l’organisme américain PRB (Population Reference Bureau), une des références mondiales en matière de démographie, la population du Burkina Faso aurait atteint 20,3 millions d’habitants au 1er juillet 2018. La date du 1er juillet étant celle couramment utilisée dans les pays anglo-saxons pour les estimations démographiques, contrairement aux pays francophones et aux institutions de l’Union européenne qui utilisent celle du 1er janvier.

Mais en dépit de ce formidable dynamisme démographique, grâce auquel le Burkina Faso est passé d’environ 4,3 millions d’habitants en 1950 à plus de 20 millions aujourd’hui, le pays demeure sous-peuplé par rapport à de nombreux pays développés de taille comparable ou plus modestes.

Avec ses 274 200 km2 environ, une superficie quasi-intégralement habitable car située en dehors des zones arides du continent, le Burkina Faso est en fait près de 13% plus vaste que l’ensemble du Royaume-Uni (243 500 km2, Irlande du Nord incluse), qui compte pourtant 66,4 millions d’habitants, soit une population trois fois plus importante. En d’autres termes, le Burkina Faso devrait compter aujourd’hui 74,7 millions d’habitants pour avoir la même densité démographique que le Royaume-Uni. Autre exemple situé sur le continent européen, l’Italie abrite 60,6 millions d’habitants pour une superficie à peu près comparable à celle du Burkina Faso (301 300 km2), qui devrait alors avoir 55,1 millions d’habitants pour être aussi densément peuplé.

Cela est d’ailleurs l’occasion de rappeler que la très grande majorité des cartes géographiques en circulation (en particulier celles basées sur la projection de Mercator), dressent une représentation largement déformée de la planète en divisant au moins par deux ou par trois la taille des pays du Sud. Ainsi, la Côte d’Ivoire est par exemple un tiers plus grande que le Royaume-Uni, et non deux à trois fois plus petite. Autre cas intéressant, l’Algérie n’est pas trois ou quatre fois moins étendue que le Groenland, mais 10 % plus vaste !

Mais le sous-peuplement du pays des Hommes intègres est davantage mis en évidence lorsque l’on effectue des comparaisons avec des pays asiatiques. Ainsi, le Burkina Faso compte bien moins d’habitants que la Corée du Sud, grande puissance économique et sixième exportateur mondial, avec ses 51,8 millions d’habitants répartis sur un territoire pourtant 2,7 fois plus petit (100 200 km2). Le Burkina Faso devrait ainsi compter non moins de 141,8 millions d’habitants pour être au même niveau de densité de population que le « pays du matin calme », qui, par ailleurs, est presque aux deux tiers recouvert de forêts (une part en hausse par rapport aux années 1960).

Autre exemple assez révélateur, le Burkina Faso a toujours moins d’habitants que la richissime Taiwan, seizième exportateur mondial et dont les 23,6 millions d’habitants se répartissent sur un territoire 7,6 fois moins étendu (36 200 km2) ! En d’autres termes, le Burkina Faso abriterait aujourd’hui 178,8 millions d’habitants s’il était aussi densément peuplé que Taiwan, pays lui aussi à la nature luxuriante et recouvert à près de 55% de forêts.

Sans aller géographiquement aussi loin, de simples comparaisons avec un certain nombre de pays africains, situés principalement dans la partie anglophone du continent, permet là aussi de constater la faiblesse du peuplement du pays. Ainsi, le Burkina Faso est par exemple près de 14% plus vaste que l’Ouganda (un peu plus de 241 000 km2), dont la population est aujourd’hui estimée à 44,1 millions d’habitants.

Si le Burkina Faso était proportionnellement aussi peuplé, il compterait alors 50,1 millions d’habitants. Plus au sud, le Malawi compte à peu près la même population que le Burkina Faso (19,1 millions), mais sur une superficie pourtant 2,3 fois moins grande (118 500 km2). Ce qui signifie que le Burkina devrait abriter 44,2 millions d’habitants pour être au même niveau de peuplement.

Et pour être aussi densément peuplé que le proche Nigeria, le Burkina Faso devrait alors compter non moins de 58,2 millions d’habitants. Pourtant, il est intéressant de noter que le Nigeria et l’Ouganda continuent à avoir un taux de fécondité comparable à celui du Burkina Faso, avec respectivement des taux de 5,5 et 5,4 enfants par femme pour les deux premiers pays ; et de 5,5 pour le troisième (taux qui sont d’ailleurs sur une pente baissière depuis les années 1980, lorsqu’ils se situaient à environ 7 enfants par femme).

Par ailleurs, il convient de rappeler, ou de savoir, que le Burkina Faso a le grand avantage d’avoir un territoire quasi-intégralement exploitable, contrairement à une grande partie des pays du monde. Même le Royaume-Uni, l’Italie et la Corée du Sud précédemment cités, ne peuvent compter sur un tel avantage, leur territoire étant en partie assez montagneux.

Cet inconvénient est d’ailleurs particulièrement important pour Taiwan, île aux deux tiers montagneuse, dont 40 % du territoire est situé à plus de 1 000 mètres d’altitude et qui compte plusieurs dizaines de sommets de plus de 3 000 mètres. Un relief largement désavantageux, et qui rend inhabitable et difficilement accessible une partie non-négligeable du pays.

Mais en plus de sa topographie favorable, le Burkina Faso a également la chance de pouvoir compter sur d’assez importantes précipitations sur l’ensemble de son territoire, y compris dans l’extrémité nord et sahélienne du pays, et contrairement à une idée assez largement répandue. Ainsi, la ville de Gorom-Gorom bénéficie d’une pluviométrie annuelle moyenne d’environ 380 millimètres, soit bien davantage qu’un certain nombre de grandes régions agricoles situées dans la partie sud du pourtour méditerranéen.

Comme, par exemple, la région de Sfax, deuxième ville de Tunisie, qui, avec une moyenne de seulement 230 mm de précipitations par an, est réputée pour ses millions d’oliviers, qui font d’elle la principale région productrice d’huile d’olive du pays (deuxième exportatatrice mondiale en la matière et première productrice et exportatrice mondiale d’huile d’olive biologique).

Avec une pluviométrie environ 65% plus importante que cette région méditerranéenne mondialement connue, la région de Gorom-Gorom pourrait alors, elle aussi, devenir une grande zone agricole, exportant ses produits dans le monde entier.

Comme le Royaume-Uni, l’Italie, la Tunisie et bien d’autres pays encore, le Burkina Faso a donc bel et bien un important potentiel agricole. Un potentiel dont une infime partie est aujourd’hui exploitée, ce qui est d’autant plus regrettable qu’une plus grande utilisation des atouts du pays serait de nature à contribuer grandement à son industrialisation, à travers les industries agroalimentaires.

Un développement plus important de l’agriculture et des industries agroalimentaires contribuerait alors à pérenniser la forte croissance économique que connaît actuellement le pays (environ 6 % par an). Il convient d’ailleurs de rappeler que le Burkina Faso fait ainsi partie de la plus vaste zone de forte croissance du continent qu’est l’UEMOA, un espace de huit pays dont le PIB global a connu une hausse annuelle de 6,4% en moyenne sur la période de six années allant de 2012 à 2017.

Une performance unique sur le continent pour une zone aussi vaste, et qui a contribué à faire de l’Afrique francophone subsaharienne le moteur de la croissance africaine, arrivant en tête pendant cinq des six dernières années (et pour la quatrième fois consécutive en 2017) et affichant une croissance annuelle globale de 4,2 % en moyenne (4,9 % pour le cas très particulier de la Guinée équatoriale), contre 3,0 % pour le reste de l’Afrique subsaharienne.

Par ailleurs, il est intéressant de constater que la croissance économique enregistrée par l’espace UEMOA sur ces six dernières années a ainsi été plus de deux fois plus importante que sa croissance démographique annuelle, d’environ 3,0%. Chose qui contredit clairement les affirmations de certains commentateurs, selon lesquelles une forte croissance démographique serait un frein à la croissance économique.

Le Burkina Faso, et plus globalement les pays du Sud, doivent donc continuer à œuvrer à la défense de leurs intérêts, à l’accroissement de leur visibilité sur la scène internationale, et ce, sans se préoccuper des déclarations de certains commentateurs ou de certaines personnalités venant d’autres continents, et dont les intentions ne sont pas toujours les meilleures (ou dont l’attitude est motivée par la crainte des flux migratoires).

La croissance démographique, et même la surpopulation (concept dont la définition est très difficile à établir, en plus d’être variable d’une génération à une autre, depuis l’Antiquité…) n’ont jamais été de nature à empêcher un pays de se développer. Comme le démontre l’exemple de nombreux pays asiatiques et européens fortement peuplés et faiblement dotés de ressources naturelles, le développement économique d’une nation repose d’abord et essentiellement sur le respect des trois conditions suivantes : l’organisation, le travail et la discipline.

Enfin, et pour ce qui est de la protection de l’environnement, il convient de rappeler que l’humanité, qui n’a d’ailleurs jusqu’ici utilisé que moins de 5% de l’ensemble des richesses naturelles de la planète (sur terre et en mer), malgré plusieurs siècles d’exploitation, utilise aujourd’hui moins de 1% du potentiel mondial en matière d’énergies renouvelables, considérées comme non-polluantes et qui sont donc à privilégier. Une large sous-exploitation de ces énergies qui est également valable pour le Burkina Faso, même si celui-ci vient d’inaugurer la plus vaste centrale solaire d’Afrique de l’Ouest.

Ainsi, et compte tenu des grands espaces encore disponibles, du potentiel considérable en énergies renouvelables et des progrès permanents de la science (dans l’agriculture, les énergies renouvelables, le traitement des déchets, l’architecture…), la Terre pourrait aisément abriter bien davantage que sa population actuelle. Et même, et n’en déplaise à certains, beaucoup plus que le niveau autour duquel devrait se stabiliser la population mondiale selon les projections les plus récentes (autour de 11 milliards d’habitants à la fin du siècle, avant de diminuer).

Ilyes Zouari
Président du CERMF (Centre d’étude et de réflexion sur le monde francophone, France)
www.cermf.org

Messages

  • Merci pour cette brillante analyse que je valide à 200%. Comme vous le dites si bien, c’est -je pense- « la crainte des flux migratoires » qui pousse les Occidentaux à nous brandir certains scénarios catastrophes en rapport avec notre démographie. Eux qui sont confrontés au vieillissement quasi-irrémédiable de leurs populations, voient bien qu’avec la tendance actuelle, c’est les populations africaines qui deviendront citoyens du monde dans... quelques décennies... quelques siècles !
    Je garderai votre analyse quelque part parmi mes documents les plus importants pour la relire de temps en temps. Que ça fait du bien de lire quelqu’un de sensé et d’honnête !

    • C’est comme quand vous avez une maison : vous faites les enfants parce que la cour est grande ou bien parce vous avez assez de moyen pour les nourrir et assez de temps pour les éduquer ?
      Donc vous ça ne vous choque pas qu’un pays soit incapable de gérer ses problèmes de base sans les aides ? Même quand il y a inondation il faut que la planète entière nous porte secours.
      Il faut reprendre cette étude en remplaçant les km² par le P.I.B. On ne mange pas les km², on n’a jamais dit qu’il y a un problème de place. C’est la richesse qui manque, c’est le partage fraternel qui manque, c’est la vision politique qui manque.
      Autre chose : pensez-vous que le burkinabè moyen a moins de problèmes aujourd’hui que quand on était 10 millions ?

  • Ce n’est pas la quantité d’hommes qui importe mais la qualité. Quand les hommes ne savent que manger dormir se reproduire ce ne sont que des animaux. À rendement égal un agriculteur américain qui peut exploiter seul 1000 hectares vaux 1000 cultivateurs Burkinabè qui exploitent chacun un hectare. Cette comparaison n’a pas de sens parce qu’elle n’est basée que sur la densité la population sans tenir compte de la viabilité de l’environnement et de la productivité. Avec cet exercice, comparé au Rwanda avec ses 12,6 millions d’habitants sur 26300km2 le Burkina devrait avoir 131,7 millions d’habitant pour avoir la même densité que le Rwanda mais comparé avec le Canada avec ses 36,2 millions d’habitants sur 9,984 millions de km2 le Burkina devrait avoir 0,99 millions d’habitant pour avoir la même densité que le Canada.

    • Pourtant, l’auteur a fait une belle analyse comparative :
      - Il démontre à ceux qui veulent nous imposer "3 enfants par femmes au maxi", sous prétexte du sous développement, que le problème n’est pas au niveau de la densité de la population ;
      - Les défenseurs de la théorie de "3 enfants par femme au maxi" n’ont pas parlé de la "qualité" des hommes tel que vous l’insinuez ;
      Mon ami "Voltaïque Indigné", reconnaissez que le Monsieur a fait un travail remarquable !
      Dieu bénisse le Burkina !

    • Justement, il veut nous faire tenir compte de ce facteur « qualité des hommes » et il va plus loin pour nous faire comprendre que le Canada a une superficie bien plus grande que notre pays mais une grande partie inhabitable.

  • Merci à ce monsieur Ilyes Zouari pour la qualité de l’analyse. Qui prouve que l’Afrique et particulièrement le Burkina Faso regorge des avantages concurrentiels sur la jeunesse de sa population et les terres disponibles pour une exploitation rationnelle pour le développement du pays notamment dans le domaine de l’agroalimentaire. Merci encore une fois de plus pour la pertinence des analyses faites. j’ai eu du plaisir a vous lire. Merci.

    • Je crois qu’il ne faut se tromper. Comparaison n’est pas raison. Au Burkina Faso si la population continue à une croissance de 6 enfant/femme, alors que le chômage augmente chaque année on risque d’assister à des mouvements de jeunes vers d’autres pays. Ainsi il faut résoudre le problème du chômage pour parler de croissance. Que des soi-disant analyses ne viennent nous raconter des histoire à dormir débout.

  • Très dangereux comme raisonnement quand 1000000 de jeunes sont à compétitionner pour 6000 postes. Une grande population c’est bien en autant que l’économie soit suffisamment forte pour assurer des emplois à celle-ci. Il ne s’agit de faire des enfants pour qu’il aillent crever dans la méditerranée parce-qu’ils n’ont pas d’autre choix.

    • Mon chers Raso il faut imperativement des politiques et une vision qui tiennent compte des questions de developpement a tous les niveaux de la société et non pas des politiques conjoncturelles, partiales et partielles comme on le voit dans la plupart de nos Etats.

  • Merci, il y a tellement longtemps que je n’ai rien lu de positif sur mon pays et aussi brillamment instructif. C’est une bouffée d’air frais pour l’esprit

  • Donc l’objectif de l’africain c’est de faire beaucoup d’enfants pour remplacer les populations vieillissante des occidentaux.Voyez-vous comment l’africain rime avec paresse.Pendant que les autres se battent pour se développer.Nous c’est sexe que nous défendons bec et ongle en attendant que les autres vieillissent pour qu’on parte hériter de leurs biens.Quelles fausse analyse.

  • ANALYSE totalement hors de toute logique et de toute étude tenant compte de l’ensemble des paramètres pour le développement harmonieux d’un pays. Tous les pays pris en exemple ont accès directement à la mer. ce seul paramètre devra vous conduire à savoir raison gardée. Monsieur le Président, replonger dans votre laboratoire car ceci n’est pas du tout le fruit d’une recherche sérieuse, mais une démarche simpliste et militante.

  • Je n’aime pas trop vos comparaisons. On dirait comparer le lion au lievre.

  • Ilyes Zouari, votre analyse aurait été irréprochable si vous aviez fait des contre exemples comme le Canada ou la Sibérie qui sont recouverts de glace, pour justifier l’exception confirmant la règle.
    Je me réjouis d’autant plus que je m’évertue a dire aux gens que le Burkina Faso n’est pas un pays pauvre, mais que c’est mentalement que nous sommes sous-développés comme le dit STIN.
    Raso sache que la conjoncture dans laquelle nous sommes relève plus d’une mauvaise politique et d’un manque de vision en matière d’emploi. Tout développement commence par le secteur primaire de l’économie l’agriculture et l’élevage. C’est par une politique visionnaire que nous pouvons accéder ensuite au secteur secondaire qui une fois la maturation nous fait passer au troisième palier. Pour que nous arrivions au ratio 1 agriculteur ou fermier burkinabè nourrisse à lui tous seul 10 000 à 25 000 personnes, il faut éliminer les agriculteurs du dimanche ie les hauts fonctionnaires et les politiciens qui s’accaparent des financements de l’agriculture pour le plaisir. Il faut un investissement conséquent.

  • L’analyse ne tient pas compte qu’un tiers des ressortissants burkinabè vivent à l’étranger (Ghana, Côte d’ivoire).
    Que la majorité d’entre eux préfèrent cultiver le café, cacao que rentrer au Burkina. L’auteur oublie que le BURKINA EST UN PAYS D’émigration.

  • On peut citer des exemples contraire comme la Chine qui a mis en place la politique de l’enfant unique pour accélérer son développement économique et permettre à tout le monde d’avoir à manger. De même, on peut citer la politique familiale en Inde avec son programme de baisse du taux de fécondité.
    Ainsi, à part au Burkina où on mégote, tout décollage économique s’est accompagné d’une transition démographique.

  • Bravo à l’auteur de cette analyse. Quel travail ! Contrairement à ceux que certains pensent, ce Monsieur ne fait pas de propagande. Il a été le plus impartial possible. Par ailleurs il pousse tout le monde (les gouvernants, les gouvernés, les décideurs, les donneurs de leçons de tout acabit, ...) à plus de réflexions.
    La partie qui m’intéresse le plus c’est quand il a parlé "agriculture". Dans notre pays, là où il y a le mot agriculture, le mot misère n’est pas loin. Cela a réussi à créer de la phobie du métier. Quand on insulte chaque fois la pluie, moi ça m’indigne.
    Justes quelques clichés sur nos potentialités :
    Nous avons l’une des meilleures pluviosités au monde,
    Notre climat se prêtre à quasiment toutes les cultures du monde,
    Nous avons une ressource humaine largement inexploitée,
    Les techniques d’amélioration de la fertilité de nos sols sont multiples et à notre porté,
    Notre biodiversité est enviée par nombreux autres pays,
    Etc.
    Croire fermement qu’on peut laisser tout cela et passer à autre chose pour nous développer est tout à fait chimérique.
    La nature nous a tout donné. C’est nous même qui refusons.

    Quelques autres clichés sur nos ministères du monde rural :
    Ministère de l’Agriculture : Un Ministère créé pour les bailleurs de fond qui donnent leur argent et imposent leur directive ( aussi erroné soit-elle, c’est à prendre ou à laisser). Il est bourré d’un personnel sans origine et surtout sous-employé (les gens tournent les pouces dans les bureaux surtout dans les zones où il n’y a pas au moins un projet qui intervient). L’Etat n’a rien prévu de toute façon car il n’a rien pour accompagner la mise en oeuvre. Un organigramme foulé au pied causant des guerres infinies de poste. Une approche globale qui ne prend pas en compte les spécificités locales, ...

    Ministère de l’élevage : Ministère dont le personnel vend des produits d’élevage et ses prestations aux éleveurs puis retourne se faire payer par l’Etat. (Exemple : le vétérinaire se procure d’un produit, il le répartit en plusieurs doses, administre chaque dose tout en fixant son prix à lui. Les bénéfices appartiennent à lui seul et à sa famille et gare à celui dans le village qui mènera la même activité que lui). Aucune politique viable pour la promotion de l’élevage dans notre pays.

    Ministère de l’environnement : Ministère qui vend l’environnement et qui prétend le protéger. Il vend la flore, la faune, les produits forestiers non ligneux. Tout ce que tu veux dans la forêt, il suffit de passer prendre une quittance chez le forestier. A la fin du mois, il va toucher son salaire et ses ristournes qui sont fonctions de ce qu’il a versé.

    Quel avenir nous avons avec ça ? Voulons nous réellement un développement pour ce pays ?
    Si oui, chacun est invité à réfléchir.
    Cher Zouari, je vous paraphrase : ORGANISATION-TRAVAIL-DISCIPLINE.

  • @Ilyes Zouari et son machin de CERMF en France là, enlevez vos bouches de nos affaires africaines, c’est quoi même !! Nous, Africains, n’avons plus rien à attendre de vous, de vos études, de vos statistiques, de vos dons et ... est-ce compliqué de comprendre cela ? Va dire à ton employeur, Etat Français, que le jeu est terminé. Quand SARKOZY, lors des primaires UMP en 2017, disait à toute la France que la démographie du NIGERIA ne peut pas continuer comme ça, comme si la France avait droit de vie et mort sur nos Etats Africains, sur les africains, ton machin de CERF était où ? Normal ton silence en ce temps là, c’est ton employeur qui parle. Faut que vous compreniez que les Africains vous mettront dehors et ça ne saurait tarder.
    A mes frères, sœurs, et compatriotes Africains, avez besoin d’attendre que ce machin de CERMF viennent vous dire cette vérité pour que vous vous fendez de jubilation ? Non, des penseurs, des philosophes Africains disent cette vérité depuis des lustres. Sortez de l’enclos colonial dans lequel nos intelligences sont enferrées et réfléchissez par vous même. L’Afrique est le continent le sous-peuplé de la terre.

  • La vérité c’est que le Burkina Faso souffre moins de sa démographie que du manque de vision en matière de population de ses dirigeants. La sécurité sociale représente un gros Zéro au Burkina Faso. Même un couple de fonctionnaires avec deux enfants ne s’en sortirait pas dans ces conditions. Imaginez qu’un seul d’entre eux souffre d’une maladie chronique. Tous leurs revenus y passeraient car l’État est démissionnaire du bien-être social de ses citoyens. Prenons un peu l’exemple des 2000f d’allocations familiales par enfant. C’est purement et simplement du foutage de gueule. Autrement, un ministre de la république n’aurait pas un salaire de 8millions alors que le SMIC y est 266 fois inférieur

  • L’agronome ! On est tous fière du Burkina mais ne nous chatouillons pas pour rire.
    1/Nous avons l’une des meilleures pluviosités au monde,
    Savez-vous que le Burkina est l’un des 3 derniers pays du monde les plus pauvres en ressources en eau loin derrière le Niger (source banque mondiale et cartographie des précipitations mondiales) ;
    2/Notre climat se prêtre à quasiment toutes les cultures du monde,
    Vous vivez au Burkina ? Ne vous moquez pas de nous ! Notre climat naturel se prête à quoi en dehors des quelques cultures vivrières. Depuis quand un climat sec avec 2 à 4 mois de pluie et le dernier en retenu d’eau peu se prêter à QUASIMENT toute les cultures ?
    3/Nous avons une ressource humaine largement inexploitée,
    Oui, parce qu’elle est obsolète et inexploitable, voir le Burkinabé de Laurent Bado.
    2 exemples récents :
    a/ Des employés qui confondent indélicat et délinquant jusqu’à plier l’économie d’un pays ne sont pas une ressources exploitables ;
    b/ Des employés qui ne savent même pas qui est leur employeur et se mettent à dénigrer une autre société dans les médias ne sont pas une ressource exploitable ;
    4/Les techniques d’amélioration de la fertilité de nos sols sont multiples et à notre porté,
    Pourquoi le faire si notre climat se prête déjà à toute culture ? C’est ça qui peut justement permettre au climat de se prêter à quasiment toutes les cultures.
    5/Notre biodiversité est enviée par nombreux autres pays,
    Vous rêvez ou quoi ? Vous n’avez jamais quitté le Burkina ? Quelles pays ? Vous traversez tout le Burkina sans croisez un seul écureuil. C’est le climat qui fait la biodiversité, et le BF tropical et sahélien n’a rien a voir avec les pays à climat équatorial. Qu’est ce qui poussent sous 40 à 45 degrés en dehors des épines ? Faites dix va-et-viens entre Ouaga - Koudougou- Bobo, Ouaga-Kaya-Dori pour nous dire quel animal sauvage vous avez croisé en dehors des corbeaux et vautours ? Allez-y dans les forets "dites classées " pour voir ce qu’il ya à l’intérieur et non en bordure des voies.
    Arrêtez de flatter les gens !

  • Monsieur Zouari a un discours simplificateur, pour ne pas dire simpliste, en considérant que le développement du pays pourrait se calculer sur la base d’une règle de 3, à partir du ratio Population / Superficie. De plus il n’est pas très objectif, en sélectionnant les pays qui l’arrange pour sa démonstration. Il aurait pu ajouter Singapour pour caser environ 1 milliard d’habitant à l’intérieur du Burkina Faso ! Il affirme que 100 % du territoire est productif, sans tenir compte du gradient climatique qui fait que la zone sahélienne ne peut garantir des récoltes régulières et suffisantes. A l’inverse, il considère que les zones montagneuses sont incultes. Comment peuvent vivre les populations du Rwanda ou de la Suisse dans ces conditions ! Non le développement et la richesse d’un pays ne dépendent pas exclusivement de sa surface mais de très nombreux facteurs naturels, humains, socio-économiques, politiques, etc. qui expliquent la disparité entre pays. C’est vrai que la croissance des pays de la sous-région peut faire rêver nombre de pays développés mais elle se rapporte à un très faible PIB et pose également la question de la répartition des richesses. Il ne s’agit pas d’être pessimiste mais d’être réaliste pour mesurer les progrès à accomplir et imaginer les actions à mener.

  • Analyse pertinente !

    La meme approche s applique a l Afrique toute entière qui est le continent le plus vaste a la surface de la terre.Mais les représentations courantes malheureusement enseignées dans nos écoles,lycées et o universités montrent un continent aux dimensions fortement tronquées sur les globes.On a l impression que les autres sont plus vastes .Comme quoi le combat des africains et donc des Burkinabé n est plus seulement économique ou politique etc.Il est avant tout psychologique.

    La présente analyse annonce un réveil inexorable a partager.

    Et quand le Burkina,en particulier, l Afrique en général se réveilleront !!!

    Plein de " fausses idées", de contre vérités historiques s envoleront et c est alors que le " vrai" développement pourrait être enclenché !!

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