Bobo-Dioulasso : Une fausse rumeur provoque une manifestation de conducteurs de tricycles

LEFASO.NET | Par Romuald Dofini

Publié le vendredi 13 juillet 2018

Bobo-Dioulasso : Une fausse rumeur provoque une manifestation de conducteurs de tricycles

Dans la soirée du mercredi 11 juillet 2018, le commissaire principal de police de la ville de Bobo-Dioulasso, Oumarou Songné, a organisé une conférence de presse, suite à la marche des conducteurs de tricycles dans la matinée du même jour. Ces derniers manifestaient pour dénoncer la mort d’un des leurs, suite à une supposée course-poursuite avec la police. Il s’agissait donc, pour le commissaire, à travers cette rencontre avec les Hommes de médias, de démentir cette information.

Le mercredi 11 juillet 2018 à Bobo-Dioulasso, un groupe de conducteurs de tricycles a manifesté dans les artères de la ville au motif qu’une équipe de patrouille de la police nationale aurait eu un incident avec un des leurs, qui aurait par la suite succombé à ses blessures. Selon les manifestants, leur collègue aurait été pourchassé par les policiers, ce qui aurait causé l’accident ayant conduit à sa mort.

Selon le commissaire principal, Oumarou Songné, cette manifestation des conducteurs de tricycles et leurs déclarations ne sont rien d’autre qu’un montage pour défendre et pérenniser le transport des personnes dans les tricycles. C’est pourquoi, à travers cette conférence de presse, il a tenu à éclairer l’opinion publique et les Bobolais en particulier. « Aucune équipe de la police n’a pourchassé un conducteur de tricycle dans la tournée du 10 juillet.

Le personnel a reçu la consigne de ne pas poursuivre un conducteur de tricycle transportant des passagers. Et il n’y a pas eu un incident entre la police et un conducteur de tricycle dans la journée du 10 juillet, ayant occasionné des blessures et pis, entraîné mort d’homme », a martelé le commissaire Songné.

À l’en croire, le mardi 10 juillet 2018, une équipe de patrouille du commissariat central de police de la ville de Bobo-Dioulasso a effectivement rencontré un conducteur de tricycle qui transportait neuf femmes. L’équipe a demandé au conducteur de s’arrêter et celui-ci, au lieu de coopérer, a viré immédiatement dans la rue suivante. « L’équipe de la patrouille a continué sa mission, sans le poursuivre », a-t-il signifié.

Selon les dires du commissaire, c’est quelques temps après, toujours dans leur tournée, que l’équipe a vu un attroupement et elle s’est rendue à cet endroit pour vérification.

« Arrivés sur les lieux, ils [les policiers] ont constaté que c’est le conducteur du tricycle qui avait refusé de s’arrêter, qui venait de faire un accident, sans les femmes à bord » a-t-il déclaré, poursuivant que : « Immédiatement, le chef d’équipe a fait appel aux sapeurs pompiers qui l’ont évacué au CMA de Do pour une prise en charge, car il avait une petite blessure au front ».

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Le président de l’association des conducteurs de tricycles (en chemise pagne) et la victime, Issouf Kaboré (en bleu noir)

À en croire le commissaire, le blessé a été pris en charge et libéré quelques temps après. Visiblement bien portante, la victime de l’accident, Issouf Kaboré, était présente à la conférence de presse, en compagnie du président de l’association des conducteurs de tricycles de la ville de Bobo-Dioulasso.

Surpris par la tournure des évènements, Issouf Kaboré confie être étonné par la réaction de ses collègues. « Lorsque j’ai été interpellé, j’ai eu peur et j’ai voulu m’échapper. Dans le virage, les neuf dames ont eu le temps de descendre du tricycle, mais j’ai terminé ma course dans un caniveau. J’ai été libéré le même jour [de l’hôpital] », a-t-il témoigné.

Tidiane Kologo, président de l’association des conducteurs de tricycles de Bobo-Dioulasso, quant à lui, a tenu à lancer un appel de sensibilisation aux conducteurs de tricycles, pour le respect des lois. Lire la suite

Messages

  • On dira de Bobo que c’est la ville des " tricyclobus", car malgré l’interdiction de transporter des passagers, c’est toujours le bus préféré de certaines franges de la population. La sotraco a du mal à trouver des passagers.
    J’ai malheureusement rencontré la horde surexcitée des conducteurs de tricycles lors de leur manifestation. La plupart n’ont aucune notion du code de la route et souvent ce sont des bambins...

  • Courage à la police ! Qu’elle ne cède pas surtout ! Il faut réprimer ! C’est comme cela qu’on pourrait restaurer l’autorité de l’Etat !

  • C’est ça le Burkina post insurrection. Tout le monde se croit tout permis et le mur est devant nous.

  • bjr citoyens ; cet incident n’est qu’une suite logique de l’incompétence des autorités de la ville de Sya à faire respecter les textes et lois dans ce pays ; les taxis motos vont continuer à violer les textes, tuer impunément tant qu’il n’y aura rien en face comme c’est le cas actuellement. j’ai honte. Un « responsable » sans compétence ni capacité n’est pas une AUTORITE.

  • - Mon Commissaire, SVP il n’y a pas à tergiverser ni à perdre votre précieux temps dans une conférence de presse. Ces mêmes conducteurs et propriétaires de tricycles savent bel et bien que c’est interdit et ils font. Pour moi ils défient l’autorité et c’est de l’incivisme outrancier. La solution est simple ! Il faut les mâter sans pitié et on s’en fout des droits de l’homme. Celui qui va parler, il faut mettre en caleçon et le jetter dans le violon.

    Par Kôrô Yamyélé

  • Et finalement, le conducteur a été verbalisé pour délit de fuite ou pas ???

    • La preuve est faite que la police n’a pas besoin de poursuivre un conducteur de tricycle en infraction pour l’appréhender. Même dans son sommeil, la police peut le récupérer pour nécessaire à faire. Mais puisque vous tenez ce conducteur de tricycle indélicat, il ne devra pas se retirer impunément en disant "merci mon commissaire". Son engin doit dormir un mois à la fourrière avant d’être retiré après paiement d’une amende relative au délit de transport de personnes en tricycle et après avoir tiré les conséquences aussi du délit de fuite. Si c’était un gendarme qui l’avait arrêté, il n’allait tenter de fuir. Il appartient à la police de savoir faire respecter la tenue qu’elle porte.
      Faites comme quelque part en Asie : fouettez énergiquement tous les passagers des tricycles sans poser de questions, ils vont prendre leurs jambes au coup et récupérez les tricycles pour la fourrière. En 48 heures le message sera passé pour des années.
      Quand à Tidiane Kologo, président de l’association des conducteurs de tricycles de Bobo-Dioulasso, c’est dommage qu’il ne condamne pas très clairement le transport des personnes en tricycle et qu’il fasse dans le dilatoire.
      Excellente journée et bon courage chers amis de la police. Que Dieu vous protège.

  • courage à nos forces de police, et que Dieu vous fasse du bien et vous assiste toujours dans votre mission. Mais il faut arreter tous ceux qui ont fait circuler cette fausse nouvelles pour inciter cette marche et les sanctionner conformement à la loi. COURAGE A NOS BRAVES POLICIERS

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