Mise en œuvre du PNDES : Les partenaires techniques et financiers prêts à « accélérer leurs appuis »

LEFASO.NET | Par Moussa Diallo

Publié le mercredi 11 juillet 2018

Mise en œuvre du PNDES : Les partenaires techniques et financiers prêts à « accélérer leurs appuis »

La conférence internationale sur la mise en œuvre du Plan national de développement économique et social (PNDES) s’est tenue à Ouagadougou, du 9 au 10 juillet 2018. Deux jours durant, les participants ont échangé autour du thème : « Accélérer la transformation agro-sylvo-pastorale au Burkina Faso ». En marge de la conférence, il s’est tenu également une exposition de produits issus de l’agriculture, de la foresterie, de l’élevage et de la transformation industrielle nationale. À l’issue des travaux, les participants ont formulé quelques recommandations et pris des engagements. Ainsi, les partenaires techniques et financiers ont exprimé leur volonté d’accélérer leurs appuis dans la région du Sahel. Mieux, ce sont 220 milliards de francs CFA qui permettront de financer le Programme d’urgence pour le Sahel (PUS) et le Programme d’appui au développement des économies locales (PADEL), dans les prochains jours.

Cette conférence a permis de faire le point de la mise en œuvre du PNDES et la mobilisation de ressources en axant les échanges sur la transformation agro-sylvo-pastorale et les moyens de mitigations des risques de fragilité liés à la menace terroriste. Elle a été un succès, selon les organisateurs. « Au regard des résultats auxquels nous sommes parvenus, cette conférence a été un grand succès. Je puis rassurer les Burkinabè que bientôt, nous allons ouvrir de nouveaux chantiers pour l’amélioration de leurs conditions de vie », a confié le premier ministre, Paul Kaba Thiéba.

La coordinatrice du Système des Nations unies au Burkina, Metsi Makhetha, par ailleurs présidente de la troïka des Partenaires techniques et financiers (PTF), n’a pas manqué d’apprécier l’exercice d’évaluation du degré d’alignement du PNDES à près de 90% aux Objectifs de développement durable (ODD). Mieux, « le secteur agro-sylvo-pastoral et les actions de développement qui promeuvent une sécurité et une paix durables à travers le PUS-BF et le PADEL, étaient un levier accélérateur et auraient un effet multiplicateur sur l’économie », a-t-elle indiqué.

Cinq sessions étaient au menu de la conférence. À travers des communications, elles ont permis de présenter et de discuter de l’état de mise en œuvre et des perspectives du PNDES, du financement du PUS-BF et du PADEL, des potentialités et opportunités d’investissements privés dans la transformation agro-sylvo-pastorale, mais aussi de partager des expériences dans la transformation agro-sylvo-pastorale.

220 milliards supplémentaires pour financer le PUS-BF et le PADEL

Au cours de cette rencontre, il était aussi question de mobiliser des ressources pour le financement PUS et du PADEL. Ainsi, des déclarations et annonces ont été faites lors de la dernière session du premier jour de la conférence. Les PTF ont marqué leur volonté d’accélérer leurs appuis dans la région du Sahel pour des appuis ciblés auprès des populations vulnérables avec des engagements nouveaux.
Les annonces de financements sont estimées à 220 milliards de francs CFA pour les deux programmes. Avec ces nouveaux engagements, le montant total de financements de ces programmes s’élève désormais à 621 milliards de francs CFA pour un coût total estimé à 851,46 milliards de francs CFA.

« La synthèse des travaux de la conférence nous conforte que nous avons vu juste non seulement en organisant cette rencontre qui intervient à mi-chemin de la mise en œuvre du PNDES mais également en choisissant le thème de la conférence et en pariant sur le renforcement de notre partenariat non seulement avec nos partenaires institutionnels mais également avec le secteur privé sur lequel nous ne cesserons de compter », s’est réjoui le Premier ministre burkinabè, Paul Kaba Thiéba.

Il reste à présent à travailler à l’amélioration de la qualité de ce partenariat afin lever les contraintes majeures identifiées, à savoir : la qualité de la préparation des projets, la réactivité des partenaires techniques et financiers, la mise en place de zones industrielles et d’incubateurs… « Pour notre part, nous ferons tout pour mériter la poursuite des différentes réformes en cours ou envisagées », a assuré le chef du gouvernement burkinabè.

Les recommandations

Les communication et échanges ont débouché sur les recommandations suivantes :

- la priorisation et l’accompagnement conséquent des filières porteuses dans le secteur agro-sylvo-pastoral sur tous les maillons de la chaîne de valeur : production, transformation et commercialisation ;

- la promotion ou le renforcement de la coopération Sud-Sud en matière de partage d’expérience et de mutualisation des bonnes pratiques ;
- la promotion de la formation qualifiante pour booster l’entreprenariat agro-sylvo-pastoral en adéquation avec les besoins des entrepreneurs ;
- l’amélioration de l’accès aux financements adaptés et accessibles au secteur de la transformation agro-sylvo-pastorale ;

- le suivi rapproché des mécanismes et instruments de financements de l’entreprenariat privé en général et des PME-PMI en particulier, y compris les financements innovants ;

- la définition des modalités pratiques et adaptées au Burkina Faso concernant les financements innovants ;

- le renforcement de la liaison production-marché par le développement des infrastructures de transformation et de mise aux normes des produits compétitifs de qualité (emballage et chaine de valeur des produits) ;
- la promotion de la contractualisation entre acteurs (producteurs, transformateurs et commerçants) suivant une approche intégrée ;

- la réduction des cycles de préparation des projets et programmes y compris les délais d’approbation des projets d’investissement par les PTF dans le secteur agro-sylvo-pastoral ;

- le renforcement du pilotage local, en particulier à travers les cadres régionaux de dialogue en y associant les PTF, en renforçant les maîtrises d’ouvrage locales et en cohérence avec le processus de décentralisation ;
- l’attribution de la maîtrise d’ouvrage déléguée des actions du PNDES dans le domaine agro-sylvo-pastoral aux organisations compétentes de la société civile ;
- l’élaboration d’une stratégie de transformation des produits agricoles qui intègre les filières stratégiques clés.

Moussa Diallo
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