Union Africaine : Quand le Ghanéen Daniel Batidam démissionne pour mauvaise gouvernance !

LEFASO.NET | Par Oumar OUEDRAOGO

Publié le lundi 18 juin 2018

Union Africaine : Quand le Ghanéen Daniel Batidam démissionne pour mauvaise gouvernance !

C’est une affaire de « mauvaise gouvernance » qui vient d’être mise à nu par un des travailleurs de l’UA, Daniel Batidam, qui a préféré jeter l’éponge. Situation pernicieuse, lorsqu’on sait que l’organisation continentale a décrété 2018 « année de lutte contre la corruption » et qu’elle continue également de tendre la main à des partenaires externes pour mobiliser des ressources financières pour la mise en œuvre de certains projets et même pour son fonctionnement.

Coup dûr donc pour Moussa Faki Mahmat, président de la Commission de l’Union africaine, arrivé avec une hargne de positionner l’organisation dans la bonne dynamique. Coup dûr également pour le successeur d’Alpha Condé à la tête de l’institution continentale, Paul Kagamé.

En effet, par lettre signée du 8 juin 2018, le ghanéen Daniel Batidam a rendu sa démission de l’organe de l’UA dont il était membre, le Conseil consultatif de contre la corruption (CCUAC). Celui-ci se révolte contre la mauvaise gouvernance, l’abus de pouvoir à des fins de profits personnels, le manque d’intégrité au sein de plusieurs organes de l’UA dont le Conseil consultatif de lutte contre la corruption (CCUAC), lui-même.

« Trop, c’est trop », claque-t-il, déplorant de mauvaises pratiques, un manque de probité et de transparence au sein de plusieurs départements de la Commission africaine. Selon des informations relayées certains médias internationaux, le Ghanéen a plusieurs fois écrit pour dénoncer des pratiques qui ont même crée des « rouages d’incompétence ». Daniel Batidam a pourtant présidé le CCUAC de 2015 à 2017 avant de passer la main au Tchadien Bégoto Miarom, apprend-on également. Depuis lors, il était membre dudit conseil et ce, jusqu’en 2019 (fin de son mandat).

Pourtant, les chefs d’Etat africains se sont engagés, lors du 30è Sommet de l’Union africaine, tenu les 28 et 29 janvier 2018 à Addis-Abeba, à faire de l’année 2018, « une année de lutte contre la corruption ». Avec ses ‘’graves révélations’’ de M. Batidam, l’on est en droit de s’interroger avec le quotidien privé, Le Pays, dans son édito du 28 janvier si « Des corrompus peuvent-ils lutter contre la corruption ? ». Bien au-delà, cette situation vient interroger la vie de ces nombreuses organisations et institutions africaines.

Selon le président de la Commission de l’Union africaine, Moussa Faki Mahmat, chaque année, la corruption entraîne un manque à gagner de plusieurs milliards, constitue un frein au développement et une source de conflits sociaux et d’instabilité politique. Au sein de l’organisation, certains avouent avec lui que pour un continent qui a désespérément besoin de ressources financières substantielles pour répondre à ses importants besoins de développement, notamment pour combler son déficit en infrastructures, une perte considérable de ces ressources financières à travers diverses formes de corruption est certainement quelque chose qui doit être combattu avec force et fermeté.

Mais, comment parvenir à arrêter cette hémorragie, reconnue comme une pratique qui sape les efforts de développement et qui constitue une menace pour la paix et la stabilité pour les pays africains (dévastatrice pour le développement économique, la cohésion sociale, l’ordre politique et facteur d’accroissement de la pauvreté et des inégalités) ? La société civile et autres leaders d’opinion pourraient-ils être une solution à la situation (comme le pense une certaine opinion) ? De toute façon, tous sont interpellés ; de l’échelle nationale au niveau continental.

Oumar L. Ouédraogo
Lefaso.net

Messages

  • Tous les fonctionnaires sont nommés ou pistonnés par des presidents, alors ces fonctionnaires nommés corruption ou pistonnés transportent avec eux tous les maux de leur de pays respectifs . Il n’ y a pas d’étonnement. Tout est hypocrisie au sommet

  • Article interessant. Dommage que nos institutions ne prennent pas les precautions necessaires pour une gestion vertueuse des ressources.
    Mais le titre de l’atricle prete a confusion. Apres lecture, je me rend compte que le haut fonctionnaire ghaneen ne demissionne pas pour mauvaise gouvernance mais plutot pour protester contre la mauvaise gouvernance a l’UA. La nuance est importante. En se fiant au titre on a l’impression que le Monsieur est coupable de mauvaise gouvernance.

  • Je connais ce gars. Il est gourounsi de Navrongo.

  • Il est de notoriété publique que ce grand machin nommé UA est un nid doré de corrompus à l’image des pays africains

  • Les coups durs comme vous dites sont inéherents a toute organisation digne de ce nom. Les critiques et les desaccords sont une invite à trouver la meilleure solution qui sied pour resoudre nos problèmes. Ce que je veux dire c’est que coup dur n’est pas l’expression appropriée pour une telle situation. Je dirais plutot mauvaise passe ou une autre expression du genre,car je suis sur que Mr Daniel Batidam ne l’as pas fait de gaieté de coeur. c’est sa manière de protester. Si un dirigeant ne se comporte pas bien, il est important et très utile de protester.En le faisant on rend un grand service à toute la société et tant pis si c’est un coup dur ou un coup mou pour la personne visée.

  • La plupart des institutions communautaires en Afrique fonctionnent très mal. Cela est du en partie au mode de recrutement des travailleurs qui n’est pas du tout transparent. Qu’est ce que des personnes qui arrivent dans un service par le biais de la corruption (et de la médiocrité) peuvent bien perpétrer ? Ces institutions semblent ignorer les problèmes réels des populations de l’espace communautaire (d’un pays à un autre). C’est pour cela qu’elles n’arrivent pas à mettre en œuvre des politiques efficaces pour faire bouger les lignes. Courage à l’Afrique !

  • Rien ne nous étonne. Et voiçi tout le mal qui empêche le developpement de nos pays
    C’est ce qui se passe dans chaque pays respectif en Afrique et empêche la vraie intégration car chaque Président veut avoir la liberté dans son pays d’exploiter et abuser les populations
    Des élections démocratiques transparentes crédibles ne sont pas forcement synonymes d’une bonne gouvernance car avec une ressource humaine pourrie la chance d’avoir des leaders pourris est trés grande.
    C’est l’élite intellectuelle africaine qui tue l’Afrique . Ça fait trop mal au coeur.
    Qu’attend le Burkina pour lutter contre ce cancer et les crimes économiques ?

  • Waouh ! Félicitation à ce ghanéen. Franchement les organisations africaines déçoivent. Comment comprendre que des gens qui ont pris leur retraite depuis 2015 soit encore recruté dans la meme organisation(CEDEAO) pour 4 ans en plus ? comme s’il n’y a pas de jeunes compétents à meme de prendre la relève. A plusieurs reprises, nous avons postuler à tes postes dans des organisations africaines, à tout moment on demande si on connaît quelqu’un. C’est énervant.
    Les recrutements des organisations africaines sont à l’image des recrutements dans les projets de développement de certains ministères ou les recrutements sur mesure nouvelle. c’es décevant.

  • Pourquoi un organisme qui se veut respectable comme l’UA demande des aides pour son fonctionnement. Le mot aide s’accompagne toujours de conflits d’intérets et de corruption. Même quand on vient nous insulter "l’homme noir n’est pas entré dans l’histoire", le lendemain nous partons quemander à manger. On est insensible à la HONTE. ça me dégoute toujours de voir ces gros ventres pleins de titres et de décorations, qui ne servent strictement à rien

  • On ne parle même pas de la CEDEAO, destination privilégié des vieux cons corrompus

  • J’ai honte de mon Afrique aux dirigeants vereux. La corruption est le prinicipal fléau de nos Etats. Si les dragons d’Asie, les pays tels le Brésile et bien d’autres qui ont pourtant eux aussi subi la férule de la colonisation, sont de nos jours cités des pays émergents voire développés, c’est parce qu’ils ont une gouvernance vertueuse ; une honnetété de leurs dirigeants. Ce sont ces vertus qui forcent le respect des Etats européens à leur égard. Si l’Occident porte atteinte à la dignité de l’Afrique c’est parce que ses dirigeants ne se montrent pas vertueux. Puisque nous nous rendons ridicules aux yeux du blanc quand nos partons pour quemander. Vivement que nos dirigeants prennent conscience et changent positivement pour le bonheur des populations que Dieu les a confiées.

  • Il n’y a pas plus honteux que d’être obligé de prendre la tangente devant sa femme et ses enfants.

  • Et c’est souvent des personnes issues de ces organisations qu’on nous présente comme étant des "OISEAUX RARES". Leur rareté tient en fait à leur degré de corruption et de gloutonnerie.

  • il faut que fasonet bloque certaine publication pour éviter certaines confusions et interprétations. l’internaute N°3a écrit quelque qui ressemble à de l’arabe ou un machin comme ça. il faut arrêter cela tout net sinon, ce sont des précédents que vous allez devoir gérer et ça risque de nuire à votre crédibilité. que ceux qui veulent s’exprimer en arabe aillent sur des sites arabophones, chinois, zoulou ou que sais je encore.

  • tout est confus dans le titre....mais qu’est ce qui cloche dans cette noble organisation africaine tant recommandée ?
    Mais je reste convaincu que le comportement social d’un individu ne tire pas forcement son origine dans la conscience individuelle ....quand on veut lutter dans le bon sens ,on ne démissionne pas mais lutte,lutte et ré-lutte jusqu’à ce qu’on te chasse de ta place et tout le peuple africain le saura,non seulement tes efforts mais surtout tes convictions comme mon grand père Joseph KI ZERBO qui disait : à quand l’Afrique ?

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Ce forum est modéré a priori : votre contribution n’apparaîtra qu’après avoir été validée par un administrateur du site.

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.