Syndicat national des travailleurs de l’agriculture : 48 heures de grève pour exiger la satisfaction de la plateforme revendicative

LEFASO.NET | Yvette Zongo

Publié le vendredi 18 mai 2018

Syndicat national des travailleurs de l’agriculture : 48 heures de grève pour exiger la satisfaction de la plateforme revendicative

Le Syndicat national des travailleurs de l’agriculture (SYNATRAG) a entamé, ce jeudi 17 mai 2018 à Ouagadougou, une grève de 48 heures pour exiger le respect de sa plateforme revendicative de neuf points. Ces points sont, entre autres, « la signature du procès-verbal de la rencontre du 26 octobre 2017 au 15 mars 2018, l’annulation pure et simple de l’arrêté de complaisance qui a été pris pour museler les libertés syndicales, la sécurisation des magasins d’intrants, l’octroi d’indemnité de responsabilité aux agents connus à cette tâche, la reprise des conseils de direction avec prise en charge intégrale, la relecture de l’arrêté portant organisation des enquêtes permanentes agricoles ».

« Ça suffit ; À bas l’impérialisme ; Trop, c’est trop ; La patrie où la mort, nous vaincrons ! » C’est à travers ces mots que les membres du Syndicat des travailleurs de l’agriculture (SYNATRAG), foulards rouges au cou, banderoles et sifflets en main, ont entamé, ce jeudi 17 mai 2018, leur grève de 48 heures. Réunis au sein du ministère de l’Agriculture et des Aménagements hydrauliques, les membres du syndicat ont fait savoir que c’est une grève d’avertissement. Pour cette première journée, le syndicat a voulu entrer en contact avec ses militants afin de leur donner la raison de la grève. Une raison qui n’est rien d’autre que la non-satisfaction de la plateforme minimale déposée auprès des autorités dudit ministère, a indiqué le Secrétaire général (SG) du SYNATRAG, Richard André Somé.
La plateforme, dit-il, regroupe le strict minimum des préoccupations dont les travailleurs ont besoin pour effectuer leur travail. Le SG du syndicat a livré le compte rendu de la rencontre tenue avec les autorités du ministère, une rencontre qui, selon lui, n’a pas débouché sur une avancée notoire. Ce qui a certainement poussé au maintien du mot d’ordre de grève. Le deuxième jour, les grévistes seront à la Bourse du travail pour animer une conférence sur l’action syndicale.

Stratégies en vue

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Monsieu Richard André Somé, SG du SYNATRAG

« Nous espérons bien que les autorités prendront des mesures idoines pour satisfaire nos revendications afin de résoudre les préoccupations posées », a ajouté le SG du SYNATRAG. Au cas contraire, le syndicat prévoit une longue série d’activités pour amener les autorités à résoudre les problèmes posés. À cet effet, il est prévu « une activité au niveau national d’ici au 6 juin et encore en juillet ». « Et si rien n’est encore fait, nous allons adopter d’autres stratégies pour les pousser à trouver des solutions aux préoccupations qu’eux-mêmes ont trouvées légitimes, mais pour lesquelles aucune action concrète n’a été posée », a prévenu Richard André Somé. Autre sujet abordé par le SG du SYNATRAG, la question de la mobilisation des 81 milliards de F CFA pour le plan de riposte contre l’insécurité alimentaire à laquelle deux millions de Burkinabè seront bientôt exposés.
« Lorsque nous avons échangé avec les autorités du ministère, nous avons compris que jusqu’à présent, ils n’ont pas encore ces fonds pour pouvoir trouver des vivres pour les populations », a-t-il déclaré. « C’est donc pour cela que les populations sont toujours dans la souffrance et dans l’attente de la mobilisation de ces fonds. Et nous, nous trouvons que pour des visionnaires, on ne devrait pas attendre les dégâts avant de prendre des décisions », a-t-il martelé. Pour finir, le SG du SYNATRAG a lancé un appel « aux autorités du pays à s’asseoir avec l’ensemble des acteurs du monde agricole pour définir une politique agricole cohérente, basée sur nos réalités, afin de lutter contre l’insécurité alimentaire au Burkina Faso ».

Yvette Zongo
Lefaso.net

Messages

  • Courage à vous, on vous soutient à 100%. Luttez pour préserver votre outils de travail. Mais soyez convaincus et forts car le pouvoir du MPP cherchera à vous décourager à travers des intimidations.

  • Dites, il doit y avoir un erreur dans l’intitulé.
    J’ai cru qu’il s’agissait de "travailleurs de l’agriculture", mais en fait non, l’article ne parle que de fonctionnaires.
    Les travailleurs de l’agriculture, quant à eux, attendent gentiment qu’il pleuve, pour justement, pouvoir aller... Travailler !

    • Kwiliga. Tu es tout simplement pathétique. Si tu crois que la pluie seule suffit pour bien produire, c’est que tu ne connais rien de l’Agriculture. Ce sont ces genres de croyances qui nous mettent en retard. L’agriculture ne peut décoller que s’il y a une bonne politique et un encadrement adéquat des agriculteurs. Et c’est ce que ces braves gens demandent pas plus. Demandes aux soit disant agro-businessmen qui ont cru qu’ils peuvent se passer de l’appui technique extérieur. Leur échecs fut cuisant.
      N’en parlons pas de ces millions d’analphabètes qui ne compte que sur le Kob-naaba pour lui montrer :
      - Comment choisir une semence,
      - Comment déterminer les doses de semences, d’engrais, de pesticides,
      - A quelle période appliquer l’engrais,
      - Comment gérer les parasites,
      - Comment gérer l’insuffisance ou l’excès d’eau dans une parcelle,
      - Comment récolter et comment bien conserver les récoltes,
      - Et j’en passe
      Connaissant bien le monde paysan burkinabè, je puis vous rassurer que quels que soit la pluviométrie, les appuis et subventions faites aux paysans, si l’encadrement n’est repensé nous n’avancement jamais.
      Dommage que les médias s’intéressent peu à la question. Quand on dit agriculture, tout le monde braque sa caméra sur le paysan.
      NB : Travailleurs de l’agriculture # travailleurs de la terre.

  • L’état devrait permettre à ces travailleurs là spécialement de générer leurs fonds communs et d’autres fonds. C’est à dire, leur permettre de produire et vendre. Tous le monde sait que des résultats de recherches dorment dans les bureaux ; pourquoi ne pas permettre de produire ? Ca sera en même temps un augmentation de la production au Burkina.

  • Oui enfin une prise de conscience nous sommes tous témoin du calvaire vécu du silence des vieux et de la démagogie de certains directeurs .
    Faudrait il qu’on parle de grève pour l’amélioration des condition de vie et de travail ?
    Nous sommes decus de nos dirigeants qui ne pensent qu’à leurs tubes.
    Non le Burkina vien de loin on ne devrait plus parler de ses problèmes si réellement on était dans l’esprit d’un changement.
    À vous travailleurs du monde rural vous avez les même diplômes comme tous les autres fonctionnaires de même catégorie.
    Réclamés ce que vous pensez être juste car vous êtes exposés aux produits chimique, encore est-il que vous n’avez rien dans la vente d’engrais.
    Non nous disons non, nous faisons rentré l’argent et d’autres encaissent et ont des ristournes.
    Paix et liberté pour le peuple.

  • J’ai tenté de me réserver vis à vis des mouvements du SYNATRAG, mais ma conscience me gronde. Combien d’agents sont logés dans leur poste dans les UAT ou ZAT et qui veulent des indemnités et des moyens de déplacement ?
    C’est vraiment mes anciens collègues et je ne voulais rien dire. Même ceux qui les ont, combien les utilisent au travail ? Ne nous ridiculisons pas à aller nous regrouper à Ouagadougou pour dire que nous défendons l’Agriculture.
    En notre temps , des jeunes encadreurs tous frais comme ceux qui sont sur les images là ne connaissent pas où se trouve le Ministère, même s’ils ont un rang d’ingénieur. Encore dans le mois de mai ? Ne chassons pas les partenaires financiers.
    Je m’excuse, mais tout le monde dit que le poisson pourri par la tête, mais chez nous c’est le contraire.
    Et nos rapports embellis qui font croire que les technologies sont comprises et pratiquées alors que......
    De grâce,même s’il y a de la vérité à quelque part, les agents de terrain sont plus responsables. Je sais de quoi je parle.
    Les capacités techniques de certains agents sont perdues par manque d’application.
    Qui dit mieux ?

    • Heureusement que ce sont les capacités techniques de certains agents qui sont perdues pas eux tous. Merci aussi pour la précision "par manque d’application". Cela n’incombe pas forcement ces derniers. C’est aussi une des raisons de leur lutte. Que les autorités permettent à ces agents d’appliquer pour ne pas perdre leurs capacités.

  • Mr Pierre Claver ,je regrette amèrement de vous dire une chose. Je crois que vous ne savez même pas ce que vous dites. Vous avez des pensées rétrogrades. Quand vous dites qu’à votre temps. C’est l’usage de ce terme qui a mis le secteur agricole en retard. Chaque fois qu’à votre temps, pour amener les gens à ne pas penser loin, prévoir ou prévenir l’avenir. A cause de ces idées beaucoup d’entre vous ont refusé d’évoluer, de changer les choses dans ce grand ministère dit-on.Ce sont des gens comme vous qui ont mis ce ministère en retard par votre caractère, votre agissement ,votre manque de maturité et d’esprit ouvert. Votre réaction me montre que vous ne connaissez même pas le terrain et que vous ne connaissez même les réalités et les difficultés que les agents traversent. Je suis sûr et certain que devriez faire partie de ceux qui se limitait à tourner dans les cabarets, à boire sans limite et à aider les dolotières à ramasser leur calebasses. A votre temps on vous dotait d’engins, en carburant, fonctionnement, produits alimentaires et vous preniez ça pour draguer les femmes des pauvres villageois, même des chefs sans l’utiliser à bon escient sur le terrain. Mais aujourd’hui combien sont ces agents qui se sacrifient comme à mourir. Qui travaillent avec leur propre moto plus de 10 ans ? Qui injectent régulièrement leur propre argent ou propre carburant pour la réussite de certaines activités sans être récompensés soit à travers les appels téléphoniques, e.mail, etc. Vous vous aviez eu tout à votre disposition vous n’avez rien fait. De nos jours si on voit un agent d’agriculture de votre génération à la retraite c’est lamentable. Tout simplement parce que vous étiez pas prévoyants, vous n’aviez pas l’esprit ouvert ou mâture et donc vous ne pouviez même pas imaginer un seul instant que le vent pouvait changer de direction un jour. Et même quand cela est arrivé qu’est ce que vous avez pu faire pour arranger la situation ? Rien, esprit rétrograde. Mais nous même avec le peu qu’on a nous vallons mille fois mieux que vous. A votre temps vous ne connaissiez pas où se trouvait le ministère ça c’est votre problème de toute façon c’était votre maison commune et personne ne vous a jamais empêché d’y entrer. Le monde évolue et notre génération ne veux pas rester en marge. Il y a beaucoup de choses qui ont changé actuellement, donc si vous en maîtriser pas ne réagissez pas au hasard. Laisser nous réclamer ce qui nous revient de droit pendant ce temps vous vous pensez à vos souvenirs amers.

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