Science du sol au Burkina : L’INERA rend hommage à trois pionniers du domaine

LEFASO.NET | Par Aïssata Laure G. Sidibé

Publié le jeudi 17 mai 2018

Science du sol au Burkina : L’INERA rend hommage à trois pionniers du domaine

Dans l’après-midi du 16 mai 2018, l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (INERA) a rendu un vibrant hommage à trois pionniers de la science du sol au Burkina Faso, que sont Dr Michel Sédogo, Dr Victor Hien et Dr Asimi Salawu. Cette émouvante cérémonie marque également la clôture des Journées scientifiques de l’institut qui ont ouvert leurs portes mercredi dernier.

La cérémonie d’hommage s’est tenue sous la présidence du représentant du ministre en charge de l’Agriculture, Ali Rouamba. A l’occasion, les retraités de la science du sol au Burkina Faso, Dr Michel Sédogo, Dr Victor Hien et Dr Asimi Salawu se sont vu remettre des présents. Signalons, pour la circonstance, la présence de sa Majesté le Larlé Naaba ainsi que des collègues, amis et parents des trois pionniers.

Pour le directeur général de l’Institut de l’environnement et de recherches agricoles (INERA), Dr Hamidou Traoré, le choix de ces vaillants chercheurs n’est pas fortuit puisqu’ils ont contribué à bâtir un système national de recherche agricole performant dans la sous-région. Il s’est félicité de voir que l’INERA est aujourd’hui une institution de recherches agricoles mondialement reconnu à travers tous les partenariats qu’il a noués dans la sous-région et avec des universités américaines. « On ne pouvait pas les laisser partir en catimini. Donc nous avons décidé d’organiser ces journées scientifiques sur la science du sol, couplées à l’hommage à ces trois pionniers de la recherche en science du sol », a-t-il ajouté.

Outre la cérémonie d’hommage, les Journées scientifiques de l’INERA avaient pour but de capitaliser, dans un livre, les résultats de recherches obtenus sous la direction des trois pionniers durant les 30 dernières années. En avant-première, les participants ont eu droit à une présentation de la structure du livre en projet, intitulé « Sécurisation de la production agricole et gestion durable des sols au Burkina Faso ». Il est reparti en huit chapitres. Aussi, dans la dynamique de le parfaire, le concours des scientifiques a été vivement sollicité. Pour M. Traoré, cette initiative vient à point nommé. « Nous sommes dans un processus où depuis 2013, nous avons recruté de nombreux jeunes chercheurs. Donc ça va permettre à ces jeunes de côtoyer ces anciens quand bien même ils sont à la retraite », a-t-il justifié.

Le directeur général du Centre national de la recherche scientifique et technologique (CNRST), Dr Roger Nébié, a un autre projet en tête. « Nous espérons cette année pouvoir intégrer de nouveaux bâtiments au sein du CNRST. Des bureaux pour les doyens sont prévus à cet effet. Et tous ceux qui sont à la retraite et qui n’ont plus de bureau dans leur structure pourrons venir là-bas pour accueillir leurs étudiants et discuter », a-t-il dit.

De son côté, le chargé de mission du ministre en charge de l’Agriculture, Ali Rouamba, a tenu à rendre un hommage appuyé aux « chercheurs remis à leurs familles respectives ». « Chers illustres chercheurs, vous êtes non seulement une fierté pour votre pays mais aussi un creuset de savoirs et d’expériences dans le développement de la recherche sur les sols au service de l’agriculture. Vos connaissances, vos productions scientifiques et les sites d’expérimentation que vous avez mis en place sont un patrimoine immatériel et matériel très important », a-t-il laissé entendre. Par ailleurs, M. Rouamba s’est montré optimiste pour l’avenir de ce patrimoine. « Je suis sûr que les centaines de chercheurs, étudiants et agents du développement que vous avez formés, vont le préserver et le développer plus en avant », a-t-il lancé.

Des projections d’images-souvenir relatant le parcours des retraités et des témoignages faits par des hommes et des femmes scientifiques, ont constitué les temps forts de la cérémonie.

« Je voudrais exprimer toute l’émotion que j’ai ressentie au cours des différents témoignages. Beaucoup de choses ont été dites et j’en suis très fier. Un grand merci à tous et à toutes pour les différentes appréciations qui ont été faites », a déclaré Dr Michel Sédogo. En retour, il a salué l’amitié et l’accompagnement de ses collaborateurs. « Au cours de ma carrière, j’ai toujours été entouré de collaborateurs compétents, ouverts mais surtout honnêtes et fidèles dans leurs habitudes avec un sens profond de l’esprit d’équipe, que ça soit les chercheurs ou les techniciens », a-t-il reconnu. Ce qui d’ailleurs a permis, selon lui, de relever un certain nombre de défis, dont le plus significatif est notamment la création d’un laboratoire de la science du sol, dans une station perdue sans eau et sans électricité.

« Avec mon collègue Dr Victor Hien, nous avons eu l’intelligence de mettre nos instruments en commun et de travailler ensemble avec l’appui d’un certain nombre de techniciens. Progressivement, nous avons réussi à monter le laboratoire, à le transférer plus tard à Saria et à faire des démembrements à Kamboinsin ainsi qu’à Bobo Dioulasso », a-t-il relaté. L’autre pari gagné, c’est l’ouverture d’une école doctorale dans la ville de Sya.

A l’adresse des jeunes chercheurs, Dr Sédogo recommande de s’investir pleinement dans le travail, tout en ayant un esprit d’équipe. « Un chercheur isolé ne peut pas arriver à quoi que ce soit. Il faut que nos jeunes collègues travaillent ensemble, en équipe, pour pouvoir effectivement atteindre les résultats escomptés », a insisté Dr Sédogo en conclusion.

L’aspect festif de la soirée a été assuré par l’artiste Oger Kaboré.

Aïssata Laure G. Sidibé
Lefaso.net

Messages

  • BON REPOS BIEN MERITE !
    Au-delà de cela ce devrait être une occasion pour vous de demander PARDON ! Vous aviez brimé des gens au cours de votre carrière. Vous aviez refusé des bourses à des gens, priviligié des recrutements pas basés sur la compétence mais sur vos simples connections.

    Mon souhait est que toute ces vieille GENERATION s’en aille pour laisser la place aux autres. Vivement que les jeunes aient des mentalités progressistes !

    Bonne retraite !

    • Bonjour M. Yirmegna. Je pense que ces anciens méritent tout notre respect. Ils ne sont pas parfaits. Je suppose que vous les connaissez puisque vous les accusez d’avoir fait du tort (personnes brimées, bourses refusées) à des personnes au cours de leur carrière. Moi j’ai eu l’honneur de les côtoyer et je peux vous dire qu’ils ont certainement des défauts mais on peut pas leur imputer les choses que vous avez mentionnées. Parlant de la relève par les jeunes, je vous assure que je crains pour l’avenir. Les jeunes d’aujourd’hui ne veulent pas le travail. Ils veulent tout et tout de suite. Seul l’argent les intéresse.
      Je termine en souhaitant à nos aînés une heureuse retraite.

    • Demander pardon est nécessaire. Nul n’est parfait

    • Tu parles de quelle jeunesse même ? Faites un tour à la MACO et tu vera le nombre de jeunes accusés de détournement des fonds public qui y sont. Les vieux ont fait ce qu’il pensaient être juste et bien et à vous la jeunesse de jouer votre partition. Ces viellard n’ont pas à demander pardon. Vous devez être tendre avec les anciens car vous êtes appelé à occuper leurs places un jour.

    • Tu a dû peut être bénéficier de leur recrutement de complaisance, Voilà pourquoi tu nies cela

    • Bonjour Shane. Je n’ai pas eu besoin de bénéficier d’un recrutement de complaisance puisque je fais partie de la 1ère promotion du service national populaire devenu service national de développement. L’état a décidé d’embaucher tous les éléments de cette 1ère promotion. Et j’ai ensuite évolué normalement, en gravissant les différents échelons de la recherche en fonction des exigences du CAMES.

  • La grande majorité de ces anciens au moins ne s’est pas enrichie sur le dos de l’Etat. Tel n’est pas le cas de la 2ème et 3ème génération qui sont actuellement aux commandes de la recherche scientifique et de l’enseignement supérieur. Savez vous ou trouver les plus riches de notre fonction publique ?...
    Par le petit koro

  • Mr yirmegna fidèle adepte des réseaux sociaux toi qui semble connaître le passé des retraités, des jeunes qui savent où l’on va ont réagi à ta sortie malheureuse qu’est ce que tu en dis.
    Un conseil : si tu es toujours sans emploi. Ce Qui du reste ne serait pas étonnant au regard de ce qu’on peut imaginer de toi alors va voir les djihadistes ils t’acceuilliront à bras ouverts
    Question : crois tu réellement que tu as une quelconque compétence ?
    Le Burkina a besoin de jeunes bâtisseurs pas des gens comme toi.
    Essaie de dresser ta contribution pour la nation tu comprendras beaucoup de choses.
    Jeune messi du Burkina rend toi utile pour la nation ça vaut mieux

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