Burkina : Les adieux de la nation au préfet d’Oursi, Patrice Kaboré

Publié le mercredi 16 mai 2018

  Burkina : Les adieux de la nation au préfet d’Oursi, Patrice Kaboré

Cette fois, ce 14 mars 2018, Sigapinda Patrice Kaboré, le préfet du département d’Oursi, dans la province de l’Oudalan, n’a pas eu la vie sauve. L’attaque du 26 mars 2018, perpétrée contre lui, dans son domicile, était peut être une alerte, puisqu’aucune victime n’a été enregistrée ce jour. Mais dans la nuit du 14 au 15 mars, des individus non encore identifiés, peut être les mêmes, ont réussi à lui arracher la vie. Ce mercredi 16 mai 2018, parents, amis et connaissances, lui ont rendu un dernier hommage.

Sigapinda Patrice Kaboré repose désormais au cimetière de Goughin. Ses deux épouses et ses 5 enfants savent désormais qu’ils doivent apprendre à vivre sans lui. Peu importe les conséquences, ‘’ces méchants’’ ont réussi à accomplir leur sale besogne. Ils savent certainement que ses enfants, notamment son benjamin de 4 ans, aura toujours besoin de lui, mais ces hommes, sans foi ni loi, se préoccupent à peine du bonheur d’une famille, même si la liste des veuves et des orphelins continue de s’allonger.
Désiré Kaboré, le frère du défunt souhaite que cet acte barbe ne se reproduise plus. « En son temps (première attaque), la hiérarchie a été informée. On aurait dû prendre des dispositions pour le sécuriser pour éviter que le drame en arrive à ce stade » a-t-il confié, soulignant néanmoins « Ce sont des détails (…).On ne peut que s’en remettre à Dieu ».

Une disparition ‘’lourde de sens’’

Né en 1964 à Sourgoubila, celui que la nation entière pleure aujourd’hui, a été admis à l’école nationale de police le 1er février 1984. Titularisé agent de police le 1er février 1989, alors qu’il était en poste au commissariat central de la ville de Ouagadougou, l’officier de police Sigapinda Patrice Kaboré a servi sa patrie pendant 30 ans, 3 mois et treize jours.
Nommé aux fonctions du préfet du département d’Oursi, dans la province de l’Oudalan, en conseil des ministres du 8 juillet 2016, poste qu’il a occupé jusqu’à ce jour fatidique du 14 mai 2018, l’homme est décrit comme un travailleur inlassable, sociable, ayant un sens du service public. « L’assassinat dont tu as été victime t’a emporté au moment où la chaine de commandement territoriale a encore besoin de ton expérience au plan sécuritaire et au niveau de l’administration territoriale » a témoigné le Haut –commissaire de l’Oudalan, Daouda Traoré. Pour lui, la disparition de ce symbole humain de la représentation de l’Etat et de l’architecture sécuritaire est « grave et lourde de sens ».

Pour le ministre de l’administration territoriale, Siméon Sawadogo, la disparition du préfet d’Oursi est une perte immense et un enseignement pour l’ensemble des Burkinabè. « Chaque burkinabè, là où il est, doit œuvrer jusqu’au sacrifice suprême pour ce pays que nous aimons tant » a-t-il signifié.

‘’ Nous sommes pratiquement dans une situation de guerre’’

L’insécurité au Nord du pays, est perceptible à tous les niveaux. « Elle est globale. Ça se passe dans les mairies, les marchés, les bureaux (…). Le gouvernement est en train de travailler pour trouver des solutions idoines et globales. Je voudrais donc exhorter les uns et les autres à continuer à assumer leurs fonctions et le gouvernement assumera sa part de responsabilité » a-t-il promis.
Si le mal est déjà fait, la famille Kaboré pour sa part, invite l’Etat à prendre des dispositions pour que pareilles circonstances ne se reproduisent plus. « A ses collègues qui se trouvent sur le terrain glissant, nul n’est en sécurité, je leur souhaite beaucoup de courage, qu’ils poursuivent ce qu’ils ont commencé » a conclu Désiré Kaboré.

Après sa décoration de la médaille d’honneur de la police nationale en 2014, Patrice Kaboré a été élevé au rang de chevalier de l’ordre national à titre posthume, ce 16 mai 2018.

Messages

  • Foutaises, foutaises et balivernes. Chacun doit œuvrer jusqu’au sacrifice suprême ? Pourquoi vous êtes cloîtrés a Ouaga ? Vous voulez des véhicules neufs pour rouler. Pendant ce temps les dignes fils se font tuer laissant derrière eux veuves et orphelins. Quel cynisme ce gouvernement a ! Toujours les mêmes discours, les mêmes paroles. Nous en avons marre. Une première attaque et ce gouvernement reste muet. Il a fallu qu’on tue ce préfet qu’il réagisse maintenant et de quelle manière !!! Des discours, rien que des discours. Que deviendront ces veuves et orphelins ? Ayez pitié du peuple et avouez votre incapacité. Paix à l’âme du préfet assassiné lâchement

  • Foutaises, foutaises et balivernes. Chacun doit œuvrer jusqu’au sacrifice suprême ? Pourquoi vous êtes cloîtrés a Ouaga ? Vous voulez des véhicules neufs pour rouler. Pendant ce temps les dignes fils se font tuer laissant derrière eux veuves et orphelins. Quel cynisme ce gouvernement a ! Toujours les mêmes discours, les mêmes paroles. Nous en avons marre. Une première attaque et ce gouvernement reste muet. Il a fallu qu’on tue ce préfet qu’il réagisse maintenant et de quelle manière !!! Des discours, rien que des discours. Que deviendront ces veuves et orphelins ? Ayez pitié du peuple et avouez votre incapacité. Paix à l’âme du préfet assassiné lâchement

  • Combien de braves serviteurs du pays doivent se sacrifier avant que ce gouvernement ne comprenne l’urgence de la situation ? Ça fait 3 ans qu’il aurais fallu déclarer le Sahel zone de guerre en état d’urgence, y déployer les forces armées en nombre considérables. Ça prend de l’argent, mais les burkinabé sont prêts à se priver si c’est pour défendre la patrie, en autant que tous le monde du haut en bas le fasse (qu’on ne crie pas à longueur de journée du manque de moyens tout en s’achetant des voitures de luxe).

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