Capitalisation de la nouvelle Banque Agricole du Faso : Comme un champ de la mal gouvernance

Publié le mardi 17 avril 2018

Capitalisation de la nouvelle Banque Agricole du Faso : Comme un champ de la mal gouvernance

Ceci est une contribution de N. Ousmane S. OUEDRAOGO, Consultant. Au sujet de la création en cours de la Banque agricole du Faso, il appelle les initiateurs à revoir la copie.

En 2016, devant un parterre de responsables d’Etablissements financiers, M. Paul Kaba THIEBA, Premier Ministre, déclarait que « le système financier burkinabè était caractérisé par une certaine incomplétude, dans la mesure où il est composé de banques générales qui hésitent à s’engager dans les secteurs jugés trop risqués tels que l’agriculture et l’élevage » . Cela est d’autant plus justifié par le fait, souligne-t-il, que la plupart des concours consacrés au secteur agricole ne représente que 3,5% du total des financements bancaires du Burkina Faso. Et de poursuivre que la création d’une banque agricole « pourra contribuer à relever de nombreux défis pour corriger les faiblesses structurelles de ce secteur stratégique ».

Déjà avant même la mise en route du processus de création de la nouvelle Banque Agricole du Burkina (BADF), l’on ressentait le manque de volonté politique dans ces propos et surtout l’incapacité des gouvernants à poser les bases réelles du développement agricole, malgré que le secteur emploie 86% de la population active et contribue à près de 35% à la formation du Produit Intérieur Brut (PIB), les multiples études, les récurrentes interpellations de personnes ressources se préoccupant de l’avenir de notre Agriculture et des agriculteurs, eux-mêmes, qui ont demandé, depuis la toute première Journée Nationale du Paysan (JNP) à Léo en 1993 , puis avec insistance, à travers le plaidoyer de François TRAORE, premier Président de la Confédération Paysanne du Faso (CPF), en 2004 et la récente promesse électorale du Président Kaboré, lors de la dernière JNP en 2017. Il a donc fallu attendre 25 ans pour voir poindre une lueur « d’espoir ». Quelle méprise pour un secteur aussi stratégique que vital pour notre développement !

Mais cette lueur est-elle porteuse vraiment d’espoir et d’espérance pour l’Agriculture burkinabè et les agriculteurs ? Nous sommes sceptiques et même très pessimistes au regard du processus de création de la nouvelle banque agricole et surtout de sa capitalisation.

Conçue pour faciliter l’accès au financement pour les agriculteurs, au regard du faible accès de ceux-ci au crédit bancaire (15% seulement en bénéficient), la BADF devrait contribuer au développement des activités de la chaîne agricole, à la mécanisation de l’agriculture et à l’industrialisation agricole. Le Premier Ministre, dans ses déclarations, à fort accent politicien, voire populiste, disait que « nous entendons révolutionner l’agriculture en augmentant la productivité et en dynamisant les coopératives avec la BADF ». Depuis les indépendances nous entendons ces déclarations foireuses et sans lendemains, en dehors de l’interlude de la Révolution d’août 83. La preuve, nos braves paysans sont encore à la daba, malgré les milliards de FCFA injectés depuis longtemps, en « mendiant » à l’extérieur le concours de la sueur de contribuables des pays occidentaux et qui plombent les finances publiques actuelles et le devenir de générations futures (qui doivent payer à la place de dirigeants qui ont refusé le développement endogène) !

Objectif noble au fond, mais inondé et noyé dans une démarche de création pas des plus transparentes et vertueuses. Pourquoi ? Des discours mirobolants mais le plat servi est très amer !

En effet, récemment, le Premier Ministre déclarait que l’Etat burkinabè a obtenu de la Commission bancaire de l’UEMOA l’agrément pour la création de la banque agricole. Et on constate que la nouvelle institution financière dispose d’un capital de départ de 14,27 milliards de FCFA (soit 4,27 milliards de FCFA de plus que ce qui est exigé par la réglementation bancaire). Et que son actionnariat comprenait des personnes morales - treize (13) organisations du monde paysan, trois (03) Sociétés d’Etat, huit (08) Sociétés privées - et soixante-dix (70) personnes physiques.
A l’annonce de cette nouvelle, beaucoup de personnes ont applaudi à tout rompre et notamment des responsables du monde rural qui déclaraient, entre autres, « cela fait une fierté aux paysans », « aujourd’hui, avec les financements, je pense que nous allons passer à l’entrepreneuriat agricole et aller au-delà », etc. Et les politiques comme le Directeur de Cabinet (DirCab) du Premier Ministre de renchérir que « le plus dur, c’était l’agrément ».

Eh bien, Monsieur le DirCab, le plus dur n’est pas l’agrément. L’obtention de l’agrément est une phase facile, car nous avons des opérateurs individuels qui ont créé des banques. Et donc cela ne devrait pas être « dur » pour tout un Etat, en plus avec trois (03) banquiers (Président, Premier Ministre, Président de l’Assemblée Nationale) à sa tête !

En effet, comme le note si bien Sidzabda , « une chose est de créer une banque agricole, une autre, et c’est le plus important, est de faire en sorte qu’elle atteigne véritablement les objectifs spécifiques pour lesquels elle a été mise en place ». Car « […] dans le passé, des structures de ce genre avaient été initiées (CNCA, BNDB) , mais « […] la bureaucratie s’est vite emparée des choses […] et l’autre grand problème […] est lié à la question de la gouvernance » et « […] certains agents, plus indélicats, n’ont pas craint de piller systématiquement les ressources… ».
Et prenant exemple sur ces faits, nous entendons tirer la sonnette d’alarme et questionner ce processus de création et de capitalisation de la BADF.

Malgré que les Autorités insistent sur l’approche participative de leur démarche, tout montre que cela n’a pas été de mise. Pourquoi ? Comment l’actionnariat de la nouvelle banque a-t-il été fait ? Quand est-ce que les Burkinabè ont été informés et quel délai a été donné pour pouvoir participer au capital de cette banque ?
Allons au détail encore. Dites-nous comment les personnes morales, notamment les 13 Organisations Paysannes (OP), les 3 Sociétés d’Etat et les 8 Sociétés Privées ont été informées, comptées et devenues des actionnaires ? Et pourquoi elles et pas d’autres ? Quid des 70 personnes physiques !

Qu’est-ce qui explique ce choix délibéré, sélectif et sans large information des Burkinabè, notamment les agriculteurs ? Nous dirons simplement discriminatoire ! Pourquoi ces 13 organisations paysannes ? Et comment ont-elles constitué leur apport ? Est-ce l’Etat qui a financé cette participation des 13 OP, comme il est de coutume, au regard de la faiblesse des ressources financières internes de ces OP, dépendantes du financement des partenaires au développement et des projets/programmes ? Et quelle indépendance auront-elles au fond ? Passons sur les 3 Sociétés d’Etat ; et même là, il y a beaucoup à redire, car, à notre entendement, l’Etat devait être un créateur d’un environnement favorable, pour les agriculteurs et non un acteur, juge et parti et surtout avec un parti pris !

Mieux, dites-nous pourquoi ces 8 Sociétés Privées ? Sur quels critères ont-elles été choisies ? Quelle est leur particularité pour être les plus aptes à être des actionnaires ? Quels sont leurs secteurs d’activité ? Quel lien avec le monde agricole ? N’y a-t-il pas d’autres sociétés privées burkinabè méritantes ? A-t-on pris le soin de mesurer le risque de fusion-absorption de la banque par ces sociétés privées ? Le cas de la BACB est encore vivace dans notre mémoire, avec ECOBANK.

Encore plus ahurissant ! Pourquoi ces 70 personnes physiques, des privilégiées ? Pourquoi ? Et quels sont les liens entre ces personnes physiques et les instances (Conseil d’Administration et Direction) des OP, des Sociétés d’Etat et Privées ? Voire de l’Etat et des institutions des Chambres consulaires (commerce et industrie, mines et carrières, artisanat, agriculture, etc.) du Burkina ? Pourquoi les burkinabè, dans leur ensemble, et spécifiquement les agriculteurs, n’ont pas été conviés, par une large information et pendant un certain temps, à cette capitalisation ? Où met-on l’actionnariat populaire pour un développement endogène ? Avait-on même besoin de ces actionnaires-là pour la capitalisation de la BADF ? Et surtout ces 3 sociétés d’Etat, ces 8 sociétés privées et ces 70 personnes physiques. Nous ne le pensons pas, car les OP et les agriculteurs et éleveurs, à elles et eux-seuls pouvaient financer la constitution du capital et plus que ces « maigres » 14,27 milliards de FCFA. Et au regard de cela, nous disons que cette banque est encore loin de ce que dit le PM « cette banque est la vôtre, il faut que vous en preniez bien soin ». En tous les cas, eux, au moins, ont pris soin pour leurs intérêts.

Et par-delà ces questionnements, nous attendons de leur part et dans de meilleurs délais, pour plus de transparence, de bonne gouvernance et surtout pour un peu plus de respect des Burkinabè, la liste nominative de ces 13 OP, des 3 Sociétés d’Etat, des 8 Sociétés Privées et surtout des 70 personnes physiques, leur part contributive dans le capital (avec le pourcentage pour situer la place des uns et des autres), leurs fonctions, leurs secteurs d’activités, quand cela a été fait, etc. Et partant, quelle sera leur participation comme administrateurs dans la composition du Conseil d’Administration (CA) de la BADF, notamment des 70 personnes physiques ? Et comme d’habitude, on présume que l’Etat, représenté par les 3 sociétés d’Etat (qui auront la majorité du capital) nommera le Président du Conseil d’Administration et la gérera à sa guise ; suivez mon regard !

Aussi, au vu de ce que dit le Dircab du PM, « avec l’obtention de cet acte (agrément), il ne reste plus que l’identification de l’emplacement du siège, le recrutement du personnel et la mise en place du Conseil d’Administration qui se penchera sur la nomination d’un Directeur Général […] ici ce n’est pas comme si c’était le politique, c’est le Conseil d’Administration qui se réunit pour nommer le DG », nous sommes encore plus sceptiques quant à l’avenir de cette banque. En effet, au détour donc de ces déclarations, tout est dit en termes de mal gouvernance incarnée par le politique (ce n’est pas nous que l’affirmons, c’est entre les lignes qui précèdent). Et on continue à faire toujours comme avant, c’est-à-dire, à nommer les DG, et on garde la mainmise d’une classe de privilégiés, de cercles d’amis et de lobbies sur la Direction de la banque. Et mieux, on nomme le DG et on recrute le personnel. Pourquoi pas un processus de recrutement plus transparent, à partir d’une large diffusion permettant d’avoir des candidatures pertinentes de valeureux burkinabè, au Burkina et dans la diaspora, et propre à permettre de sélectionner un DG légitime pour piloter le véritable développement de l’agriculture burkinabè, pour les agriculteurs, au moins, si ce n’est pas le cas encore par les agriculteurs (majoritaire dans le CA).

Mieux, avec seulement 3 administrateurs (issus des 3 OP) dans le CA, les agriculteurs se noieront vite dans les « vagues ténébreuses » des administrateurs de l’Etat et du privé, habitués dans ces espaces de pilotage des sociétés, et auront du mal à faire valoir leurs intérêts. Et donc, nous avons là une banque qui s’éloigne des intérêts des agriculteurs et, nous souhaitons nous tromper, sera le « pain béni » des « loups » du secteur privé, happés par leurs intérêts égoïstes et comme le note si bien Sidzabda, « un instrument qui fasse la promotion d’une chapelle politique au détriment de la promotion du monde de la daba ».

Sachant que le Burkina a le potentiel pour un développement endogène, souhaitant que la BADF soit une banque au service véritable du monde rural, et ne voulant pas que les paysans deviennent « une vache à lait » pour des politiques, des privés et pour des fonctionnaires en termes de primes exorbitantes, des salaires hors norme et de bonification (le Fonds Commun en est un exemple), nous interpellons les Burkinabè, la société civile et les politiques pour qu’on revoie la copie dans la création de la BADF, avec davantage de gouvernance vertueuse, avec pour seul objectif les intérêts des paysans et du Burkina. Il y a actuellement trop de « bombes » sociales, économiques, sécuritaires, foncières, éducatives, sanitaires, minières, judiciaires et de chômage, non encore « désamorcées », pour encore en rajouter. Privilégions notre nation, au-delà de nos égoïstes et éphémères gloutonneries.

N. Ousmane S. OUEDRAOGO
Consultant
Email : o_ousmane@hotmail.com

Messages

  • Très juste cette intervention. Le principal problème avec cette nouvelle banque sera la gouvernance.J’ai travaillé au projet d’appui aux organisations de producteurs de coton et j’ai constaté que les problèmes de l’ex-CNCA étaient beaucoup avec la mauvaise administration du crédit. Les ex-directeurs de la BNDB et de la CNCA (ensuite BACB) sont des personnes qui se sont énormément enrichies sur le dos des banques qu’ils dirigeaient.
    Donc si l’État a créé la BADF pour caser de vieux amis, cette banque connaîtra le même sort que la BNDB et de la CNCA (ensuite BACB).

  • 10/10
    TOUT EST BIEN DIT
    MAIS COMME LES GENS N AIMENT PAS LA VERITE ICI
    ALLONS SEULEMENT
    MERCI POUR CETTE ANALYSE

  • Merci pour ces critiques objectives qui peuvent servir à revoir la question de l’actionnariat populaire chère à Laurent bado.Ce qui est sur tel que construit ça ne marchera pas Le système des caisses populaires est mieux et plus adapté. L’argent et les crédits doivent être gérés selon des normes bancaires sinon c’est la faillite.Il n’ya pas de crédit facile. En fait les gens du pouvoir ont créé ce machin pour pouvoir planquer leurs fonds et les faire sortir tranquillement du pays.Sinon comment une banque para étatique peut-elle être créé clandestinement au nom des paysans. Les 13 OP ont quelle part du capital.peut-être moins de 5 pour cent.C’est juste pour servir de couverture pour mieux exploiter les paysans.D’autres banques agricoles verront le jour prochainement. Proposition : Il aurait été plus juste de fixer d’abord le capital de départ et fixer les parts attendus des principaux acteurs : Etat:30 pr/cent ; OP:30pr/cent ;sociétés intervenants dans le rural(sofitex, ..):20pr/cent ; personnes physiques :20 pr/cent.

  • Totalement d’accord avec cette analyse qui me rappelle un passé récent avec la Banque de l’Habitat où le DG imposé n’était titulaire que d’un DUT au prétexte qu’il avait de l’expérience. La suite on la connait : enrichissement fulgurant, licenciement via la MACO, crédits irrécupérables donnés sans garantie avec des ristournes, aucun investissement réel sur le terrain, financement d’amis ; puis enfin re-privatisation au profit d’un entrepreneur du BTP. L’opacité qui entoure cette création de la BA conduira aux mêmes résultats si la copie n’est pas immédiatement revue pour une transparence dans l’appel à la constitution du capital (non publié) et les axes d’investissement autrement elle dira : "nous fournissons les mêmes services bancaires que toutes les banques commerciales".

  • Huuummmmmmm !!!!!!!!!! Merci, merci et merci. Depuis l’auteur de l’écrit aux forumistes 1 à 4.

  • Belle intervention et réelles interrogations.
    Si les questions qui sont posées reçoivent des réponses dans les jours qui suivent , le peuple saura que les initiateurs de cette dite banque sont honnêtes ; sinon c’est réellement un truc pour mal gouverner et faire fuir les capitaux à l’étranger.
    Nous suivons....

  • Merci Monsieur OUĖDRAOGO pour votre article qui pose les vrais questions sur cette nébuleuse de BADB. Notre pays qui a perdu sa mémoire est comme un serpent qui se mort la queue. On crée la CNDI (Caisse de dépôts et Investissement) au temps de Tiemoko Marc GARANGO on la crucifie 2 décennies plus tard et on la ressuscite après cinquante ans sous le nom de Caisse de dépôts et consignations du Burkina Faso (CDC-BF). On crée la Caisse nationale de crédit agricole (CNCA) qui s’est muée en Banque agricole et commerciale du Burkina (BACB) en janvier 2002, on la vend à ECOBANK Burkina en 2008 et on recrée la Banque Agricole du Burkina en 2018 dix ans après avoir crucifié la la BACB. Le même scénario est entrain d’être réalisé avec la Banque de l’habitat du Burkina qui a été vendu à EBOMAF qui veut en faire une banque classique. Que voulons nous vraiment au Burkina ?.
    S’agissant de la BADB la souscription publique aurait été la voie royale pour la constitution du capital à l’image de ce que l’Ethiopie à fait pour financer le Barrage de la Renaissance sur le Nil qui va produire plus de 6000 mégawatts. Nous avons raté une occasion de réinventer l’avenir du financement de notre agriculture par manque d’ambition (la capital de 14 milliards bien que suffisant pour créer une banque est ridicule au regard des enjeux) et de transparence ( le peuple Burkinabè allait adhérer massivement au projet s’il y était invité ) .

  • Avec cette race de fonctionnaires-dirigeants qui ne pensent qu’à s’enrichir par n’importe quel moyen, aucune entreprise publique ou considérée comme telle ne peut survivre dans un environnement concurrentiel. Surtout pas une banque pour financer un marché aussi difficile et risqué comme celui de l’agriculture. Comme d’habitude, ils vont piller les ressources de la banque et la céder quelques années après à un de leur ami. Les exemples de la BACB et de la banque de l’habitat ne sont pas loin. C’est triste quand même. Tout est faussé dès le départ à la constitution de l’actionnariat. Il y’en a d’autres comme la Société de transformation des fruits et légumes de Loumbila (STFL). On ne sait même pas quand et comment ils recrutent les actionnaires et seul l’État apporte de l’argent en général

  • C’est nul comme raisonnement ! Vos arguments ne sont pas convaincants et vous préjugez l’échec de la BADF à partir de simples allégations. Je trouve que c’est pas responsable et patriote de votre part.
    Vous pensez que le monde paysan peut financer et piloter une banque à lui seule ? Le Burkina a besoin de vrais agro-businessman et non de petits paysans à la daba. L’agriculture de subsistance n’a pas d’avenir dans ce pays ! Travaillons plutôt à moderniser notre agriculture.
    Laissons la BADF s’implanter et après on jugera !

    • Mon frère, mieux vaut prévenir que guérir. il ne faut pas satisfaire les promesses de campagne et créer des choses qui ne vont pas résister au temps. Je pense qu’on ne doit pas rejeter toute la critique mais l’analyser froidement pour tirer le meilleur parti.

  • Monsieur N. Ousmane S. OUEDRAOGO, merci pour cette étude et ces conseils gratuits que vous faites aux dirigeants actuels de notre cher pays le Burkina Faso. Messieurs les gouvernants si vous êtes guidés par l’intérêt supérieur de la Nation prenez en compte l’analyse du sieur OUEDRAOGO. Vous dites les choses telles qu’elles sont, avec une simplicité déconcertante. Je pense que pour financer l’agriculture et ses activités connexes il faut plutôt organiser le monde paysan en coopératives. Le type de banque qui sied alors, c’est une banque coopérative. Pour atteindre l’accomplissement d’une banque il faut passer par des systèmes de financements décentralisés (SFD). Au bout de 10 ans de fonctionnement de ces SFD issus des organisations paysannes transformées en Coopératives, on aboutit à la création de la banque des coopératives agricoles du Burkina (BCAB). Si nous sautons les étapes l’échec est certain.
    Quant-aux choix des actionnaires de la banque agricole du Burkina (BADF), cela relève d’une opacité lugubre et nauséabonde. La BADF par le choix de ses actionnaires contient les germes de sa propre destruction. Si vous contestez mes propos publier alors le nom des différents actionnaires, soit ce sont des parents et amis des dirigeants actuels par le biais des prête-noms, soit ce sont d’autres techniques de camouflages et de blanchiment d’argent que l’on a usitées.

  • Et vous savez ce sont ces même actionnaires privés là qui vont tuer la poule aux œufs d’or, par des favoritismes du genre :
    - embauche mon neveu, ma petini go, ma maîtresse, mon bon petit, ...
    - octroi le crédit à mon cousin cultivateur du dimanche, à ma femme pour ouvrir son salon de beauté,..
    - et que sais-je encore et encore...
    Hummmmmmmmmm, yako.
    M/Mme Skal ce n’est pas parce que l’on critique que nous ne sommes pas patriote, au contraire nous nous critiquons afin que des améliorations soient apportées, toi par contre par ton attitude de grégaire-suiviste tu ne sers pas trop tes amis et kôrô.

  • La bureaucratie et la paperasserie là vont tuer la banque là Burkinabè est trop compliqué pour des choses simples. Les paysans ils n’aiment pas papier longuère

  • Grand merci à Monsieur N. Ousmane OUEDRAOGO pour la pertinence de ses observations au sujet de la Banque Agricole en fin de gestation pour le gouvernement.
    Par contre pour les personnes animées de bon sens et de civisme qui ont de la vision pour l’avenir économique du pays, le foetus de la banque présente plusieurs anomalies qu’il va falloir soigner pour le sauver à la naissance. sinon, l’avenir nous en dira.

  • Merci Mr OUEDRAOGO pour cette analyse mais mois je pense personnellement que les problèmes dont souffre notre agriculture n’est pas pour le moment le financement. avant la mise en place d’une telle Banque il faut d’abord organiser les producteurs autour des coopératives. au besoin chaque village une coopérative agricole. une fois la culture de la coopérative partagée à tous nos braves paysans,la mise en place de telles banques pourra impacter sur la production agricole au Burkina.

  • « La preuve, nos braves paysans sont encore à la daba, malgré les milliards de FCFA injectés depuis longtemps, en « mendiant » à l’extérieur le concours de la sueur de contribuables des pays occidentaux et qui plombent les finances publiques actuelles et le devenir de générations futures (qui doivent payer à la place de dirigeants qui ont refusé le développement endogène) ! »
    Je regrette, mais vous êtes ignorants de ce que les richesses qui sont accumulées en occident ne sont pas que les seuls fruits des efforts, du labeur de ces occidentaux ; mais ce sont les fruits de l’inique EXPLOITATION CAPITALISTE de vos bras, de vos sols et de votre sous sol par votre labeur ; car jusqu’alors, les mines qui existent en Afrique sont exploitées pour les seuls profits de blancs et par des MINEURS NOIRS (parce que vous êtes tout simplement des ESCLAVES MODERNES. VOUS ETES LA FORME MODERNE DE LA SERVITUDE VOLONTAIRE, contrairement à celle qui a prévalu à une autre époque ou quelque chose comme çà.....).
    Je ne vous suis pas très bien de ce seul côté là car, toutes les analyses et les points de vue exposés me paraissent passables ; je disais donc à propos que sur ce point je ne suis pas la MYOPIE de l’auteur qui pourtant a montré une brillance dans l’avant-propos et même quelque part de la lucidité dans la suite de ce que je relève comme myopie ; pourquoi je ne comprends pas que l’auteur croit que ce sont les contribuables des pays occidentaux qui supportent les financements que des pays qu’ils pretendent , declarent pauvres ?
    Pouvez vous être à ce point ignorants que c’est par votre exploitation par le système inique imperialiste, bien huilé que cet occident apparait riche ?
    - Otez vous de la tête qu’ils sont plus riches que vous est le premier pas du reformatage de votre esprit, parce que depuis des lustres, ils vous ont chanté, claironné et fait admettre que vous êtes les misérables, les pauvres et eux les riches ; vous avez avalé cette incongruité ;
    - il est temps que vous changiez de paradigme, ne plus admettre que ce sont eux qui sont les riches, les plus puissants et vous allez comprendre toute la réalité de ce monde ; il est déjà une des plus grandes certitudes que nous sommes les plus riches sur tous les plans cela va de soi ; aussi, en sus il faut comprendre que si vous coupez les ponts avec l’occident (il suffit que vous en ayez le courage et des exemples du genre, Paul Kagamé, Nkuronziza l’ont fait), ce n’est pas vous qui allez en mourrir, mais ce sont bien eux ; soyez en convaincu ;
    - par ailleurs, sachez que vous avez depuis des siècles d’exploitation des plus éhontée servi et que vous servez toujours jusqu’à la seconde où j’ecris ce propos ; que vous etes exploités pour servir leur coussin douillet de ladite richesse et faire le lit douillet de ce que vous êtes les plus pauvres de la terre. Merde alors ! ! ! !
    Dites moi comment l’on peut-être pauvres tandis que l’on a toutes les richesses dont dame nature pour ne pas dire le BON DIEU nous a doté ?
    Ce ne sont que des esprits pervertis par justement un tel système qui peuvent le penser et admettre de telles choses.
    Commencez à partir de l’instant ci à vous nettoyer le mental, à vous proclamer riche et à les proclammer les plus pauvres et les damnés de la terre et vous verrez ce qui va advenir dans moins de cinq ans de cette conviction faite (cette attitude doit être communément celle des tous les africains).
    Parce que à travers leurs medias mensongers de pure propagande, vous avez été façonnés pour être dits pauvres et eux dits riches et surtout admettre ainsi que vont être et seront les choses ; par votre mental, vous êtes façonnés à n’admettre que cela soit ainsi. Alors, qui peut vous en sauver si ce n’est encore vous-mêmes.
    Commençez à les vilipendez comme ils l’ont fait de vous pendant si longtemps à travers leurs canaux de propagande (radio france INTOXICATION, canal plus, et que sais-je encore...), remplacez par vos propres medias les sources de votre information en ne vous minisant pas vous-mêmes ; c’est-à-dire en croyant aux informations qui emanent des analyses de nos journalistes et non des leurs.
    Sachez qu’ils n’ont que le monopole du mensonge bien élaboré qu’ils vous servent en permanence.
    D’ailleurs, leurs plages des ondes d’emission (fm, ou leurs canaux de telediffusion doivent être retirées à ces MEDIAS MENSONGERS ) pour faire la part belle à nos radios locales et nos televisions à nous afin que nous puissions mieux nous connaître, mieux découvrir la veritable valeur des journalistes que sont les notres.
    Enfin comme le disait si bien cet icone du combat de la conscience NOIRE Steve Bantu BIKO, "...l’arme la plus puissante aux mains de l’oppresseur, est l’esprit de l’opprimé.....".
    Ils vous tiennent par le mental et à tous les niveaux ; ils faut s’en debarrasser au plus vite.

  • Belle analyse. cet écrit montre que nous sommes encore loin de l’émergence. Être diplômé de grandes écoles ne signifie pas avoir la capacité de diriger un pays et de l’amener vers le développement et l’épanouissement de sa population. Le gouvernement actuel étale ses carences en matière de gestion de la chose publique et tout comme la baisse du niveau de l’éducation, on constate de plus en plus l’absence de véritables leaders, d’intellectuels aguéris, d’homme prêts à se sacrifier pour le bien de ce pays. Un gouvernement de paysans défendraient mieux notre pays partout sur cette planète.

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