Vente de médicaments de la CAMEG à des terroristes : Il n’en est rien, selon l’association

LEFASO.NET | Par Marcus Kouaman

Publié le samedi 10 mars 2018

Vente de médicaments de la CAMEG à des terroristes : Il n’en est rien, selon l’association

Depuis quelques jours, l’affaire circule sur la toile. Un agent de la Centrale d’achat des médicaments essentiels génériques et des consommables médicaux (CAMEG) aurait vendu des produits à des terroristes. Ce qui lui aurait valu d’être arrêté et déféré à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). Aussi du côté de la capitale économique, Bobo Dioulasso, seize agents de cette même CAMEG seraient en prison. Pour mieux situer l’opinion sur ce que revêtent réellement ces deux affaires, une conférence de presse a été animée par l’association à son siège ce vendredi 9 mars 2018.

Comme une trainé de poudre, la nouvelle s’est répandue sur la toile. « Un agent de la CAMEG déféré à la MACO pour vente de médicaments à des terroristes ». Il n’en est rien à en croire les conférenciers du jour. Le Directeur général de la CAMEG absent (en mission), cette conférence de presse a été animée par le Directeur de la communication et des relations publiques Mikaïlou Kéré, accompagné d’autres directeurs de services. Selon les explications de l’agent en cause (aide magasinier) suite à la demande d’explication a lui adressée par la CAMEG, il a été interpelé par la Brigade de recherche du Commissariat central de police de Ouagadougou pour affaire de médicament le12 février 2018.

Rendre service à un ami

L’aide magasiner affirme avoir été approché par un ami lui demandant de l’aider à trouver un produit pharmaceutique (Rivotril) pour son frère malade. Apres renseignements ledit produit était disponible dans une firme pharmaceutique privée de la place. Grâce une connaissance y travaillant, l’agent de la CAMEG recevait de l’argent de son ami demandeur et faisait la transaction avec sa connaissance de la firme pharmaceutique. Les trois ont tous été convoqués par la Police nationale, mais seul l’aide magasiner et sa connaissance ont répondu à l’appel. Après avoir été entendus, « ils ont été laissés libres de leurs mouvements le 23 février 2018 ».

L’ami demandeur du produit en question ne s’est jamais présenté au Commissariat et semble avoir disparu des radars pour l’heure. Sur ce point, la Centrale ne se sent ni concernée de loin, ni de près par cette affaire. Des sanctions seront prises puisqu’une lettre d’explication a été adressée à l’agent en cause et l’avocat conseil de la CAMEG a été saisi pour suivre le dossier.

Le second sujet abordé par les conférenciers est celui des circuits parallèles de ventes de produits pharmaceutiques dans la capitale économique Bobo Dioulasso. Des faits, il ressort qu’un manutentionnaire (travailleur journalier) a été interpellé le 21 février dernier par la Brigade anti-criminalité de la ville de Bobo. L’audition de ce dernier a permis l’interpellation de neuf agents de la CAMEG et un travailleur journalier, de quatre clients de la Centrale d’achat et deux personnes soupçonnées d’être complices. Soit seize personnes en tout. « Les agents de la CAMEG interpellés sont accusés d’alimenter un circuit de ventes parallèles de produits pharmaceutiques en dehors du circuit officiel », a laissé entendre le sieur Kéré.

Le circuit officiel oblige chaque client à disposer d’un compte (autorisation du ministère), avant toute commande. Donc, seules les structures publiques, les officines pharmaceutiques, les cliniques disposant d’une pharmacie hospitalière, les structures confessionnelles et associatives ayant une convention avec le ministère de la santé peuvent commander directement des produits avec la CAMEG.

Des pays voisins approvisionnés

C’est cette restriction qui a conduit des structures ou particuliers à trouver un circuit parallèle leur permettant de disposer des produits de la CAMEG par l’intermédiaire de clients agréés. Celui qui a un compte à la CAMEG passe la commande mais au lieu d’aller stocker les produits dans son entrepôt, va ailleurs (dépôt privé, infirmier des CSPS, commerçant). Selon les conférenciers, la police a déclaré qu’une des personnes mises en cause a reconnu avoir livré à plusieurs reprises des produits à des responsables de trente et une formations sanitaires d’une province de la région des Haut-Bassins, ainsi que dans d’autres régions du Burkina, à Korogho en Côte d’Ivoire et au Niger. A ce jour, deux agents sur les neuf (après une garde à vue d’une semaine) présentés au Procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Bobo ont été déférés à la Maison d’arrêt et de correction de ladite ville.

De cette seconde affaire, l’on peut retenir que la CAMEG n’a subi aucun préjudice financier. Bien avant que l’affaire n’éclate au grand jour, dans une démarche d’anticipation, un toilettage des comptes de certains clients en particulier ceux des associations a été entrepris à cause du rythme de sortie de certains produits. L’occasion était bonne pour l’association d’inviter une certaine presse à aller à la source de l’information pour ne pas induire l’opinion en erreur.

Marcus Kouaman
Lefaso.net

Messages

  • de qui se moque t-on ? si un individu nommé par le gouvernement a pu dicter sa loi à tout un etat, ejecté un ministre, n’a t-il pas les arrières explosivement soudées ? c’est pas le petit agent qui aura des difficultés à fournir quelques tramadol ou autres medicaments aux terroristes !
    il ne faut pas prendre à la legère cette enquête. il faut la mener en profondeur. c’est quand même extrêmement grave cette affaire.
    si vous voulez des gens qui ont un pacte avec les terroristes, n’est-ce pas là du palpable ?

  • Selon le directeur de la communication de cette caverne d’ali baba,il n’y a eu aucun préjudice financier.Si tel est le cas,il faut donc libérer les mis en cause qui croupissent illégalement et inutilement en prison.Du grand n’importe quoi.Comment des voyous peuvent détourner des médicaments pour alimenter des circuits parallèles à l’intérieur et même hors de nos frontières et il se trouve des gens qui viennent blablater qu’en fait,tout est normal,tout va bien,y a aucun préjudice moral ni financier.Mon pays me fait pitié

  • La CAMEG n’a subi aucun préjudice financier. C’est très grave une telle désinvolture. Et l’Etat Burkinabé. Des produits destinés aux burkinabé se retrouvent à l’étranger et il n’y a rien à déplorer. Avec des agents reconnus indélicats en prison et donc en arrêt de travail , la CAMEG ne perd pas d’argent. Quelle gestion !

  • si cette cameg arrive à rouler encore l’etat dans cette affaire, on est foutu. l’enquête vient de commencer et vous la concluer déjà ! c’est vous la police ? la vaste manipulation qu’il y a eu lors du jugement de la fameuse affaire cameg ne se reproduira plus. on se pose la question est ce que la façon d’agir de ces gens-là n’est pas pire que la mafia

  • Monsieur le Directeur, la CAMEG a bel et bien subit des préjudices financiers : la CAMEG bénéficient de bien de faveurs par rapport aux autres importateurs, ce qui a un coût et ces faveurs ont une valeur au niveau national et quand des médicaments sont vendus hors du territoire national il y’a bien un préjudice financier dans les structures de financement de la CAMEG. Si la CAMEG n’a pas conscience de çà c’est grave, c’est très grave.

  • Cette boite la CAMEG de Bobo-Dioulasso a ete toujours depuis son depot, le theatre de la fraude des medicaments pharmaceutiques. La mafia des magazinier et autres manutensionaires ont ete toujours attirer l attention de la police. Depuis 25ans, quand je vivais dans cette ville. La RAN n etait pas sous les griffes des entreprises Bollore grand magnat corrupteurs de nos chefs d etats africain pour sa main-mise sur tous les logistiques de transport de l Afrique l ouest a l Afrique Centrale. Cette culure de la magouille s est perdurer de generation a generation par les gerants de nos entrepots des marchandises toutes confondues,

  • Vous comprendrez pourquoi la gratuité des soins pour femmes enceintes et enfants de moins de 5 ans est difficile à réaliser !...
    Mais pour les responsables de la CAMEG, il n’y a pas de souci, les fonds ayant été encaissés.
    Ces messieurs ne savent peut-être pas que la CAMEG a été créée, non pas pour faire le profit au maximum, mais pour soulager la souffrance des populations par l’octroi de bons produits au moindre coût.
    Par ailleurs, au lieu d’incriminer les journalistes qui ne seraient pas "allés à la source", sachez que, face à une situation aussi grave, vous ne devrez pas attendre que les journalistes aillent vers vous pour informer la population ; vous devriez être plus diligents et aller vers les journalistes.

  • Certains malheureusement de mauvaise foi ne prennent pas la peine de lire ni de comprendre le texte. Personne n’a dit que l’affaire n’est pas grave. Au contraire. C’est pourquoi tous ceux qui seront reconnus coupables devront subir la rigueur de la loi comme indiqué à la conférence de presse. Mieux la CAMEG de concert avec la police poursuit les enquêtes pour que l’affaire soit élucidée.

    Pour le cas de la supposée vente des produits aux terroristes la CAMEG a lancé un appel aux auteurs de l’information de la fournir au procureur de Faso qui fera la lumière sur la question surtout dans ce contexte qu’on connait. La vérité est que ce n’est ni des produits de la cameg, ni des faits qui se sont passés à la CAMEG. Elle n’est nullement concernée par l’affaire.

    Il faut comprendre que malheureusement des médicaments de la cameg vendus normalement peuvent par le biais de ceux qui achètent se retrouver dans un mauvais circuit. Et quant il est dit que la cameg n’a pas subi de préjudice financier, cela veut dire que c’est des ventes normales.

    Encore une fois, l’affaire est suffisamment grave et la cameg en premier lieu en a la mesure et travaille à faire la lumière sur tout.

    • Vous vous sentez obligés d’insulter les internautes qui disent que la CAMEG et Burkina a subi des pertes financières dans cette histoire. L’absence des agents interpellés n’entraîne pas de manque à gagner ? On est peut être de mauvais analystes, mais ça ne vaut pas des injures.

    • Monsieur le directeur de la communication,nous commentons ce que le journaliste nous sert et il ressort que vous aviez affirmé sans prendre des gants que la CAMEG n’a subi aucun préjudice financier.Convenez que ce petit bout passage de votre intervention puisse heurter les internautes parceque vous êtes dans le déni complet.Quand on est responsable de la communication d’une quelconque structure,on ne parle pas au hasard.Il y a bien préjudice car cette petite affaire est bien l’arbre qui cache la forêt.En effet nous savons depuis longtemps que la CAMEG est gérée par des mafieux

    • Mon frère meme les générique au coin de la rue n’existe pas ! c’est une fausse histoire.
      La CAMEG qui dement aulieu de demander une enquette approfondie pour se rassurer qu’elle ne traine pas des brebies galeuses en son sein !
      Tout se saura,malgré les fuites en avant !

  • La CAMEG a été conçue dans l’esprit du péché,par des esprits malins. Voilà pourquoi à chaque tournant de son histoire, la corruption, les trafics d’influence et la mort côtoient la santé du peuple burkinabé. Il faut démanteler la CAMEG et redéfinir une politique nationale de prise en charge honnête de la santé des populations dans laquelle s’insère un autre mécanisme de distribution des médicaments.Sinon, il en sera toujours ainsi et de la santé du peuple il ne restera pas pierre sur pierre. Je suis Duc et je sais de quoi je parle !

  • L’investigation doit se poursuivre car c’est trop facile de rejeter tout le mal sur le magasinier. En vérité il ne peut être seul il a forcément des complices. C’est normal qu’il nyait pas eu de préjudices financiers car ils font sortir les produits cameg qui seront très cher vendus aux terroristes et après les prix de vente cameg lui seront remboursés et les bénéfices seront partagés. Par conséquent il n’y aura j’aimais de préjudices financiers car il s’agit bien d’un réseau. Ainsi donc j’invite la police a bien investiguer

  • Quand une Direction Générale organise une conference de presse pour defendre un employer, un partenaire ou d’expliquer des faits reprochables,c’est qu’elle cache quelque chose.
    L’avenir nous dira ! ! !

  • (Celui qui a un compte à la CAMEG passe la commande mais au lieu d’aller stocker les produits dans son entrepôt, va ailleurs (dépôt privé, infirmier des CSPS, commerçant).
    J’avoue que d’un sujet à l’autre, en voyant le nom des CSPS apparaître ici, cela me révulse. En effet, si jusqu’ici, des bureaux COGES de la plupart de ces CSPS-là à Bobo Dioulasso, qui sont à plus de quatre ou cinq ans en fin de mandat, refusent toujours de laisser la place à des nouveaux bureaux élus sans aucune raison valable, cela n’a-t-il pas de relation avec ce genre d’histoire ? Si après même une séance de formation organisée expressément par les Districts,
    afin de trouver une rapide solution à ce problème de passation, ces derniers qui sont pourtant les seuls qui décident en dernier ressort, demeurent toujours des mois après, confrontés à toutes sortes ’obstacles dans l’expédition de cette tâche qui ne fait que perdurer, cela ne veut-il pas dire qu’il y’a anguille sous roche ? Dans tous les cas, que les enquêtes soient accélérées, on attendra toujours de voir !

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