Le poids du serment de Kollo D. Sanou : Quand le sexe guide l’action

Publié le mercredi 2 mars 2011

Le poids du serment de Kollo D. Sanou : Quand le sexe guide l’action

Nyama et Sibiri sont deux vrais amis. Admis à la confrérie des Dozos le même jour, lors d’une partie de chasse, Sibiri assomme Nyama et le jette dans un puits. Objectif : hériter de sa femme. De retour au village, il annonce que ce dernier a été dévoré par un lion. Peine perdue. La veuve refuse de l’épouser. Pire, il est banni du village pour avoir tenter de la violer. Son ex-ami revient au village avec un groupe de religieux évangélistes, mais amnésique. La confrontation entre les deux ravive la mémoire de Nyama.

Mais, très encrée dans sa nouvelle religion, il refuse de se soumettre au rite animiste « purificatoire ». Sarah, sa femme qui a accouché de son enfant entre temps, tient bon, se rend dans la confrérie religieuse et parvient à l’extirper. Elle a sans doute réussi à cause de sa persévérance, mais aussi à cause de la déception des pratiques dans sa nouvelle religion où l’argent et le sexe semble orienter les actions.
Pendant 82mn, Kollo Sanou nous envoie dans l’univers des chasseurs Dozos et des religieux où le contraste n’est pas si grand comme on le croirait.

Nyama, l’acteur principal est un homme du théâtre qui dit n’avoir pas eu de difficulté à entrer dans son personnage. Aussi, on remarque la présence de Mamadou Zerbo (acteur principal dans Tasuma), dans le rôle du sage qui se veut l’incarnation de la complémentarité entre tradition et moderniste. Un chef traditionnel progressiste.
Après avoir remporté le prix de la meilleure œuvre au FESPACO 83 avec « Pawéogo, l’émigrant », il décroche l’étalon de bronze au FESPACO 2005 avec « Tasuma ».

« Le poids du serment », pourra-t-il offrir au Burkina son troisième étalon de Yennenga ? Rien n’est moins sûr. Le sujet traité, en lui-même n’est pas nouveau. Techniquement, les transitions semblent réussies, ainsi que la trame de l’histoire, mais, l’éclairage semble connaître quelques défaillances. Contrairement à la plupart des cinéphiles qui ont vu le film sous l’angle des conflits entre religions révélées et religions traditionnelle, c’est sous cet angle « le sexe guide les pas », que le critique Abraham Bayili a suivi le film. « Je n’ai pas vu tous les autres films en compétition, donc, d’emblée je ne peux pas dire que ce film va figurer ou pas dans le trio », affirme-t-il.

Moussa Diallo

Lefaso.net

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